Merci Chaaarles!

24 décembre 2012

Typologie du branleur

Tu sais que t'es un branleur quand...

 

 

Il y a une catégorie de gens à laquelle on ne peut pas la faire à l'envers, qui sont passés maîtres dans l'art d'entasser la vaisselle, de cacher la poussière sous le tapis, et, plus généralement, de repousser les choses au lendemain. Au surlendemain, même. Des types comme vous, quoi. Des branleurs.

 

Tu sais que t'es un branleur quand...

 

Quand tu es obligé, au bout de trois mois de cours, de sortir ton emploi du temps pour savoir à quelle heure et où tu commences.

 

D'ailleurs tu as perdu ta feuille d'emploi du temps.

 

Tu sais que tu as des trucs à faire pour le lendemain. Mais au moment de sortir tes cours, tu tombes sur Mentalist / Masterchef / Zone Interdite ou d'autres émissions merdiques. Et tu es soudainement passionné par ces émissions dont tu te moquais la veille, en soirée, avec un pote bourré. Bah ouais, t'es un branleur.

 

T'as dit à tout le monde que tu reprenais le sport. En vrai, tu vas seulement à la fac à pieds.

 

C'est toi qui envoies des sms à tes potes, à 23h30 la veille de l'exam, pour leur demander « On passe sur quoi demain déjà ? ».

 

D'ailleurs tu en profites pour leur demander aussi où est la salle d'examen. C'est pas pour te donner un style détendu, t'en sais vraiment rien.

 

Tu sais très bien, par contre, qu'il y a pas besoin de réviser. Bah ouais, demain c'est partiels de langue.

 

Tu sais ce que c'est que de faire une impasse.

 

D'ailleurs, pendant que ton pote flippe parce qu'il a peur que sa tombe sur le blocus de Berlin, toi, t'es serein. Tu t'en fous du sujet. T'as fait une impasse sur toute l'Histoire.

 

Quand tu retrouves des feuilles de cours de Terminale au fond de ton sac de fac. Sauf que t'es en troisième année de fac.

 

Tu as décidé de réviser. En rentrant de cours, tu bouffes un truc, t'allumes ton PC, t'ouvres ta boîte mail. Puis finalement t'ouvres une page facebook, tu lis des tonnes du trucs inutiles, tu commentes, etc... Résultat : tu as perdu 2 heures.

 

Quel que soit la taille de l'amphi, le cours, le prof, tu t'installes toujours au dernier rang. T'as pas perdu les habitudes du collège.

 

Tu viens pas toujours en cours. Et quand t'es là, tu fais autre chose.

 

Ça ne t'empêche pas de te rappeler de ce qui s'est dit si jamais tes parents te demandent ce que tu as fait aujourd'hui.

 

D'ailleurs ça ne t'empêche pas d'avoir tes examens. Avec 11,5. Comme tous les branleurs, quoi.

 

Des fois tu te dis que t'es vraiment une grosse merde, qu'il faudrait peut-être te bouger le cul. Mais ça dure jamais bien longtemps.

 

D'ailleurs, un de tes potes vient de t'appeler pour faire une soirée. Et tu y vas. Bah oui, demain c'est que partiels de langue, on vous dit.

 

Tu connais le nombre exact d'absences injustifiées en TD qu'il faut collectionner pour être noté « Défaillant ».

 

Tu as dépassé ce nombre depuis longtemps. Mais tu t'en sors parce que tes profs sont séniles et qu'ils oublient souvent de faire l'appel.

 

Tu es en colloc' avec un pote. Et essaie pas de mentir, on sait bien que les colloc' c'est pas fait pour taffer.

 

Ton rythme de vie est totalement chaotique. Tes potes t'appellent pour boire un coup à 17h, tu leurs réponds « Je me lève, je me douche et j'arrive ».

 

Finalement tu te douches pas.

 

Tu fais la vaisselle une fois par mois. Mais comme il y en a trop tu t'arrêtes en plein milieu.

 

Tu es souvent absent la veille de la date où tu dois rendre un truc important (Exposé / Compte-rendu de stage, DM, etc...). Faut bien travailler, de temps en temps.

 

Du coup, t'es souvent absent le jour où il faut rendre ton truc. Faut bien se reposer, de temps en temps.

 

D'ailleurs, t'es souvent absent en général.

 

T'as plus de retard qu'un train SNCF. Peu importe ce que tu dois faire, où tu dois le faire, tu arrives systématiquement avec 10 minutes de retard, minimum. Question de principes.

 

T'es calme en général. Pas parce que t'es plus intelligent que les autres, t'es juste plus flemmard.

 

T'as bien compris que ça servait à rien de discuter les ordres du patron, ou des parents. Tu te contentes seulement de répondre « oui » et de rien faire, c'est moins fatiguant pour tout le monde.

 

Tu finis rarement ce que tu as commencé. Et quand tu le fais, c'est baclé. Heureusement, tu commences rarement quelque ch...

Posté par Remi N à 01:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]


06 mars 2012

C'est l"halali!

Bref.

 

Samedi soir, j'ai fait une soirée. Comme à toutes les soirées, j'ai bu, et comme à toutes les soirées, j'ai trop bu, et comme à toutes les soirées, j'ai vomi.

 

Sauf que cette fois c'est particulier. Parce que j'avais une angine. J'ai demandé à mes potes de soirées : « Qu'est-ce que ça fait quand on vomit sur une angine ? ». Ils savaient pas. J'ai tapé « vomi sur angine » dans Google. J'avais un cancer de la gorge et du pancréas. Comme Google et les gens bourrés racontent n'importe quoi, je me suis dit qu'il fallait que je demande à d'autres personnes.

 

Je me suis imaginé demandé à :

-Maman : « t'as encore trop bu ! »

-Papa : « Bah, tu tiens pas l'alcool ? »

-Mon médecin : « Faites Aaaaaaah ! ».

 

Je me suis rassuré en me disant que c'était sûrement pas important. Puis je me suis effondré et j'ai dormi.

 

Je me suis réveillé Dimanche à 15h30. Je me suis dit : « C'est bon, il est que 15h30 ». Ma mère m'a dit : « T'as encore trop bu ! ». Mon père m'a dit : «Alors, on tient pas l'alcool ? ». Mon estomac m'a dit : « Groublblcrouik ! ». En langage estomac, ça veut dire : « J'ai faim ».

 

Je me suis rendu compte que j'avais faim. Et quand j'ai faim, je veux de la viande. Je suis sorti dans la rue pour acheter de la viande. Je passe devant une boucherie. Elle était fermée. Je passe devant une autre boucherie. Elle était encore fermée. Je passe devant une troisième boucherie. Elle était ouverte. J'entre, et je dis bonjour à Ahmed.

 

Ahmed, c'est mon pote boucher. Quand il était petit, il voulait être peintre. Au collège, il avait toujours les meilleures notes en Mathématiques. Comme ça a aucun rapport, il est devenu boucher.

 

Comme son père est musulman, il fait aussi dans la boucherie Halal. Il me dit bonjour. Il me dit : »C'est pour quoi ? ». Je lui réponds que j'ai faim. Je lui demande deux tournedos. Il me les montre. Ils étaient beaux. Il m'a dit qu'ils étaient halal. Je l'ai regardé. Il m'a regardé. Je l'ai regardé. Il avait un couteau de boucher dans la main. Je lui ai dit que je m'en foutais. J'ai acheté les tournedos.

 

En rentrant chez moi, j'ai déballé les tournedos. Je les ai regardés. Ils m'ont pas regardé. Je les ai mis à cuire. Ils me regardaient toujours pas.

 

Quand ils ont fini de cuire, je les ai mis dans mon assiette. Je les ai regardés. Ils me regardaient pas. J'ai coupé un morceau, puis je l'ai planté avec ma fourchette. J'allais le manger. Je me suis rappelé la tête d'Ahmed qui me disait : « Ils sont halal ». Je réfléchissais. Puis mon estomac a dit : « Groublblcrouik ». J'ai pris mon courage à deux mains. J'ai mis le morceau dans ma bouche. J'ai mâché. C'était bon. Du coup j'ai continué à manger.

 

Une fois que j'ai fini les tournedos, je me suis frotté le ventre. Mon estomac a ronronné affectueusement. Ça me rappelait mon chat. Du coup je me suis dit que c'était peut-être pas une bonne idée d'avoir mangé son chat. Puis je me suis rappelé la tête d'Ahmed. Il disait : « Ils sont halal ».

 

Je me suis tâté les cheveux. Aucun turban n'avait poussé. J'ai touché mon menton. Aucune barbe n'avait poussée. J'ai eu un soupir de soulagement et j'ai pensé à Claude Guéant. Des fois j'y pense, et je souris.

 

Bref, j'ai mangé de la viande halal.

Posté par Remi N à 09:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 février 2012

Pas de geste!

Oh ! Regardez ! Une critique musicale ! Qu'elle est jolie ! Je sais pas qui c’est qui fait ça, mais c'est un putain de génie !

 

Et ouais, je suis de retour. Et je vais vous pondre une petite critique d'album de derrière les fagots, ça va swinguer dans les HLM. Pourquoi ? Parce que je chie sur les Inrocks bien pensants, sur le Grand Journal (faudra dire à Denisot qu'il suffit pas d’embaucher une nègre pour connaître le hip hop), sur Téléram (un peu moins quand même, ils sont gentils eux), et surtout parce que la presse Hip Hop papier est morte, et que donc j'ai le droit d'écrire n'importe quoi sur Internet. Merci d'ailleurs à Rap Mag et aux autres d'avoir eu la bonne idée de disparaître pour me laisser une petite place. Comme tout le monde écrit n'importe quoi, que tous ceux qui gèrent les blogs hip hop connaissent les artistes (toujours cette histoire de Noyau Dur, hein François?) et donc s'amusent à se renifler le cul et se faire des caresses, j'ai pensé qu'un bon article plein de bonne foi et d'impartialité ne pouvait pas faire de mal.

 

Et la victime est l'album de Youssoupha, Noir Désir (Noir D**** sur la pochette, juste pour emmerder le CSA), sorti le 23 janvier de cette année. Sur le rappeur, pas grand chose à dire, les spécialistes savent que c'est une plume qui sévit depuis 10 ans, qu'il est très bon, le procès avec Zemmour blablalbalblalalalbla, … et puis on s'en tape de sa biographie. Non, moi ce qui m'intéresse, c'est le fait qu'il soit trimbalé d'un plateau télé à un autre, que les présentateurs s'exclament « Oh, regardez, un jeune nègre qui fait des rimes et qui a un Bac L, et qui est cultivé, ooooooh ! » comme si c'était la première fois qu'ils en voyaient un. Alors du coup ils sont tout contents de leur jouet, le secouent un peu dans tous les ses en lui posant des questions à la con, puis ils vont très vite le lâcher (comme les gosses avec leur nouvelle surprise trouvée dans une boîte de céréales: quand on le secoue trop ça finit soit par lasser, soit par casser). Du coup, chaque rappeur subit le même traitement depuis 20 ans, avec quelques privilégiés qui reviennent régulièrement (IAM, NTM, Booba), et d'autres qu'on ne voit moins souvent, voire qu'une seule fois, et à chaque fois on s'étonne que des banlieusards analphabètes arrivent à construire des textes, à rimer, à faire passer un message, à faire des métaphores et des allitérations. Vous comprenez donc que ce n'est pas dans ces médias fondamentalement incultes, ignares, voire même à relents racistes qu'on va pouvoir trouver une critique musicale correcte. Quand on a été formé à la pensée commune, à l'imaginaire collectif et au cliché, chaque rappeur s'il est noir, qu'il vient de banlieue ou s'il est simplement jeune, qui sort un album avec des chansons à texte ou s'il est en procès, ça devient un événement capital. Je vais donc tenter de tailler un costard à cet album tant attendu, encensé par les critiques (qui sont pour la plupart des incompétents, au passage).

 

L'album était donc extrêmement attendu parmi les amoureux du hip hop et quelques autres. Pourquoi ? Parce que le procès avec Zemmour. Parce que la promo est exemplaire, et le buzz, monstrueux. Parce que la mixtape gratuite sur Internet (je sais pas si elle l'ets toujours, R.I.P. Megaupload) était une petite bombe. Et surtout parce que Youss a du talent, c'est indéniable. On va pas la refaire à chaque fois, mais « A force de le dire » est décidément un classique. La suite était donc attendue de pied ferme. Et elle est arrivée, un soir de Janvier, par -15°C. Une température qui ne vous donne pas envie de sortir pour acheter l'album (ça tombe bien, je l'ai pas acheté). Je vais donc décortiquer cette œuvre, piste par piste, pour voir si elle vaut bien tout le ramdam qu'elle provoque.

 

L'amour : première chanson de l'album, celle qui doit ouvrir le bal. Je remercie d'ailleurs Youss de nous avoir épargné le titre « Intro », qui va finir par exister en 100 exemplaires dans mon téléphone, tant ce titre peu original avait été déjà utilisé 20 000 fois par les rappeurs avant lui. Un titre original pour une chanson originale, avec une sorte de refrain un peu chanté, une instru plutôt mélancolique, mais où on sent la détermination du type. L'instru est un parfait support au texte du rappeur, qui est d'ailleurs sans bavures. Très professionnel, le Youss' a d'ailleurs signé une de ces meilleures punchlines selon moi, à 1min20, qui met un bon tacle dans les couilles à ces littéraires bornés qui ne jurent que par la poésie du 19ème. Très bonne entame, donc.

 

Viens : déjà instru indubitablement hip hop, elle emmène parfaitement le texte là où l'artiste le voudrait. Seul bémol, certains n'apprécieront pas la voix qui pousse un « Oooh » en fond sonore toutes les 4 secondes. Moi ça ne me dérange pas. Thème original, le rappeur incite à le suivre dans ses délires et ses revendications, ce que je fais plutôt volontiers. Du bon encore, donc.

 

J'ai changé : comme l'indique le titre, il va parler de lui, et plus précisément de ce qu'il est devenu depuis la dernière fois qu'on l'a vu. C'est vrai, il a changé. Instru inspirée de musique africaine, pourquoi pas, c'est plutôt bien fait. Le thème a le mérite d'être clair, refrain qui va finir par être chanté dans notre sommeil à force de le retrouver partout (il est aussi dans d'autres chansons du Youss). Donc oui, il a changé depuis A force de le dire ; et au risque d'en offusquer plus d'un, je préfère le Youssoupha d'avant, plus agressif, un peu moins mélancolique mais plus sombre, plutôt que ce nouveau père de famille que « Rappe comme un adulte » selon ses propres termes. Il a tout de même au moins le mérite d'admettre que maintenant, s'agit de faire rentrer les billets (sans retourner sa veste, bien sûr). Phrases un peu faciles « Jsuis pas de ces Mcs basiques qui pourraient crever pour un Planète Rap ». Mouais. En même temps, t'y étais, à Planète Rap, le 23 janvier. Et puis c'est facile de dire ça quand ça fait 10 ans qu'on est dans le buisness et qu'on a un procès en cours avec Zemmour, ce qui aide à se faire connaître et à s'assurer une promo fructueuse, tout de même. Mention spéciale tout de même à cette phrase : « Je n'ai pas peur, les autres rappeurs font du sous-Booba », juste pour le geste.

 

Menace de mort : un des titres que tout le monde attendait. C'eut été faire de la publicité mensongère que de vendre un album qui ne contenait pas une réponse à notre chroniqueur rétrograde préféré. Amené par un clip assez agréable (même si on ne sait pas qui, de lui ou d'Orelsan, a piqué le concept à l'autre, mais on s'en fout au fond), le morceau répond à nos attentes. Agressif à souhaits (j'aurais préféré que tous l'album reste dans cette perspective d'agression de la société, mais bon ça aurait peut-être été répétitif), un sample de violon qui nous vrille les oreilles, ce qui est parfait pour l’ambiance, et une apparition d'un des membres de La Rumeur à la fin du morceau. « Pas de menaces de mort le rap ne sort pas de douilles mais c’est le seul son hardcore depuis qu'le rock n'a plus de couilles » est particulièrement délicieuse, ainsi que « On a les critiques imparables, d'une France qui oublie que les paroles de son hymne sont plus violentes que celles du Gangsta Rap ». Ça a la mérite d'être clair : pas mal de gens en prennent pour leur grade (slameurs, journalistes, le système judiciaire, etc...). Un excellent morceau.

 

Histoires vraies : bon, c'est un featuring avec Corneille. J'aurais bien aimé m'attarder sur le morceau, mais mon temps est compté et il y a des bons morceaux qui m'attendent peut-être dans la suite de l'album. Une chanson sans fond, il faut bien ça pour passer à la radio.

 

Irréversible : son oppressant, très sombre, l'humeur n'est donc pas à la fête. Succession de punchlines, mais, contrairement à Booba, celles-ci dénoncent et ne sont pas là juste pour la rime. « Accusé pour un speech, dans un pays où les plus honorables soutiennent la morale de Roman Polanski « , référence à Retour aux pyramides des Xmen (si tu connais pas, tu connais rien en rap, sérieusement), ou encore « Boulevard Auriol les familles crament mais bon l'état n'y a vu que du feu ». Là encore, du Youssoupha comme je l'aime ; incisif, dans le rythme, avec en plus un bon son derrière.

 

Les disques de mon père : une chanson d'amour, mais à son fils. Pourquoi pas. Je crois que vous aurez compris que c'est pas ma tasse de thé. Mais bon, là c'est plutôt fait de matière originale. Par contre, ce qui me dérange c'est le chanteur du bled qui répète tout le temps la même phrase. Le concept ne me dérange pas, mais mes oreilles occidentales sont impénétrables à ce mélange franco/africain un peu trop aigu à mon goût. Pas le meilleur titre donc. Mais il va sûrement passer en radio, édulcoré comme il est.

 

L'enfer c'est les autres : sorte d'introspection, mêlée à une sorte de règlement de comptes avec les différents enculés qu'il a rencontré au cours de son existence. Puis appel à l'union pendant le refrain. Mouais, c'est quand même super bateau, rien de révolutionnaire, c’est que du déjà-vu, du réchauffé, et c'est pas forcément la meilleure chanson dans ce thème... Pas indispensable à l'album, et même plutôt merdique. Faut arrêter de faire ce genre de sorties totalement inutiles, ce morceau est plat, y a absolument rien à l'intérieur. En plus, encore une instru avec un cri toutes les 3 secondes en fond sonore, ça va finir par nous ennuyer...

 

Bouche à oreille : morceau que je considère important, qui aborde globalement le thème de la jalousie, thème important s'il en est dans le hip hop francophone. Que ce soit les potes du quartier, les autres rappeurs, les proches, etc... on a l'impression que dès que tu montes grâce au rap, tout le monde se met à te dénigrer d'une façon ou d'une autre, au lieu d'essayer de faire mieux => ça produit des rivalités et des conflits de merde et ça paralyse le rap game, qui serait tellement haut s'il n'était pas stoppé par ces rancœurs personnelles et était plutôt orienté vers l'esprit de compétition, plus productif (cf : Boulogne tristesse, à peu près le même thème). Après, refrain merdique, sérieux, faut vraiment arrêter de vouloir écrire juste pour la rime « humains » et « demain », qui n'a absolument aucune profondeur, c’est vraiment plat. Autre point négatif, un « Ils nous plébiscitent » qui surgit à chaque rime. On va avoir le crâne rempli de ce genre de merdes pendant tout l'album ou tu vas t'arrêter un jour ? Point ultra-positif, apparition de Taipan plutôt réussie à la fin du morceau.

 

Gestlude : morceau complètement egotrip, remplit de petites punchlines. La force est dans le geste, et le geste est plutôt bien fait. Assez agréable, une petite instru qui claque correctement. Belle osmose avec son pote de Bomayé Musik, Sam's. Un titre bien agréable, c'est pas du rap conscient mais c'est quand même agréable. Un jour ou l'autre, faut quand même montrer qu'on est le king et sortir son swagg, ce morceau est là pour ça.

 

Noir désir : ce devrait être « le » morceau de l'album, vu qu'il a le même nom. Instru synthétique, puis jouée avec des instruments style musique africaine. L'instru est bonne, donc. Youssoupha assume ici sa négritude, la revendique. Et ça, « c'est bieng » comme dirait Zinédine. Le morceau est de bonne qualité, c’est bien foutu, on ne peut que l'apprécier.

 

Tout l'amour du monde : bon, ce morceau, on l'attendait sans l'attendre. Un album de rap français actuel sans parler des bitches, ça aurait fait tâche. Donc un morceau de plus sur ces salopes que sont visiblement les femmes (le pire c’est qu'à force de l'écouter on va finir par le croire), qui ne s'intéressent qu'à ton succès (et à tes sous, bien sûr), plutôt bien fait au niveau de l'instru, avec un refrain qui me fait beaucoup rire (mais qui fera peut-être moins rire celles qui se sentent concernées, allez savoir pourquoi). Bon, concrètement, j'en ai ras-le-cul de ces morceaux toujours sur le même thème. Le fait qu'il y en a déjà 50 000 devrait inciter les rappeurs à pondre le texte parfait, et là ce n'est pas le cas. Allez écouter 50 pourcents d'Orelsan, vous comprendrez ce que je veux dire. Ce morceau de Youssoupha est beaucoup trop édulcoré, en quelque sorte, ça sonne faux. Peu de punchlines alors que le sujet s'y prête pourtant particulièrement bien (des punch' sur les femmes, rien de plus facile).

 

Dreamin' : encore un tube pour radio. On les reconnaît parfaitement, parce que y a des meufs qui chantent le refrain et que l'instru est rock (en plus, celle-ci chante en anglais, c'en est encore plus vrai). De plus, pas de fonds encore, juste de la « poésie » gentillette, pas de messages précis, plutôt plein de phrases qui sont soudées entre elles avec aucune cohérence. Et le refrain est vraiment merdique au niveau, heureusement qu'il est en anglais et que les ¾ des banlieusardes de 13 ans (le public à qui est visiblement destiné ce morceau) n'y comprennent donc rien. Allez, courage, peut-être que sur scène ça passe.

 

Gestlude 2 : instru originale, qui claque bien, encore de l'egotrip. Moins bien fait que la partie 1, je trouve. Punchlines avec légèrement moins d'impact, refrain chanté sans autotune (Dieu sait que c'est important), mais bon, un peu plat. Pas assez rugueux, ce morceau, mais bon, faut bien présenter les membres du label, même les moins talentueux.

 

La vie est belle : instru à la fois sombre, mélancolique, avec du piano, mais agressive également avec (encore...) une sorte de voix qui crie régulièrement, et pour une fois c’est disons pas trop mal fait. Texte sombre également, punchlines au service du constat dressé, extrêmement sombre d'ailleurs (mention spéciale à la punchline sur les prêtres catholiques et les petits enfants). Morceau qui aurait pu être très bon. S'il n'y avait pas ce putain de refrain dubstep qui n'a pour seul effet que de détruire les tympans. Il y a 3 ans, tu disais : « Suce la tendance jusqu'à la mort, t'es dans de beaux draps, moi j'm'en fous d'la mode par définition elle se démodera ». Et là tu nous cases de la dubstep. Alors ouais je suis tatillon, mais je t'emmerde, t'aurais pu te casser le cul à nous chanter un refrain avec des paroles au lieu de distendre à l'infini des sons de guitare pour faire plaisir à celui qui faist tes instrus. Et puis le couplet de Kery, à la fin, est assez catastrophique, lui qui était censé être un des apôtres du rap de maintenant (même si le message est nécessaire mais t'aurais pu faire ça en rythme, c’est de la musique merde, pas une tribune de journal)

 

Espérance de vie : jolie instru, bien mélancolique encore une fois. Un des premiers morceaux connus de l'album. Morceau qui démarre bien. Texte soutenu, pas de refrain, tout est mis au service des paroles. Celles-ci pêchent par des rimes parfois trop faciles ou déjà trop exploitées (or pur / ordures, ou larme / arme, surf/terrain vague, ce genre de rimes). Globalement, cela reste un très bon texte. Avec une bonne instru. Donc bon morceau. J'ai particulièrement aimé le passage sur l'identité nationale et Vercingétorix, une ligne que je trouve lourde de sens et assez ancrée dans le débat actuel. Bon point, comme la phrase sur la religion à 3:27.

 

4h37 : j'ai jamais écouté ce morceau plus loin que la minute 1. J'veux bien que tu passes des dédicaces à tout le monde, mais certains le font en rimes (Sinik en 2006, Seth Gueko en 2009, etc...), t'aurais pu te forcer. Du coup c'est de la merde en boîte.

 

 

Donc avis assez mitigé. Ouais, tous les fans et les autres qui n'y connaissent rien vont gueuler « Quoi ? Vas-y t'es un rageux, un jaloux, laisse tomber ». Ceux-là je ne leur réponds pas, qu'ils continuent à écouter Sexion d'Assaut (ce qui explique pourquoi ils trouvent l’album de Youssoupha exceptionnel, d'ailleurs).

 

Je m'adresse donc aux autres, ceux qui réfléchissent. Oui, il a de bons morceaux, voire de très bons morceaux. Mais là encore, on voit que le rappeur s'est largement adouci depuis son précédent album, ou même depuis la mixtape sortie pour nous faire patienter 6 mois avant l'album. Cette mixtape, je la trouvais meilleure (et pour ceux qui ont des doutes, écoutez Rap Franc-CFA et Revolver). Trop de morceaux sans fond, avec trop de voix insupportables qui jaillissent beaucoup trop fréquemment, il est de plus retombé dans le piège des voix de femmes pour les refrains (pire, des femmes qui chantent en anglais...). Si j'étais vraiment de mauvaise foi, je dirais qu'il ne s'est vraiment pas foulé pour certains morceaux, ce qui est d'ailleurs le cas, mais comme je l'aime bien, je vais juste dire qu'il a (trop) essayé d'élargir son public et ses thèmes, et que du coup il a un peu perdu la rage de l'année dernière qui lui allait pourtant si bien. En clair, si cet album s'impose comme un classique, c'est surtout parce que pour l'instant y a rien de très lourd qui est sorti cette année... Mais fais gaffe à la concurrence, Youss', à te reposer sur tes lauriers tu vas te les faire voler.

 

-Si j'utilise souvent Youss', c'est parce que c'est lui-même qui s'appelle comme ça. « Appelle moi Youss', on se connait », qu'il dit.

-Tu ne sais pas ce que c'est qu'une punchline ? Une instru ? Euh...

Posté par Remi N à 00:05 - Commentaires [1] - Permalien [#]

13 février 2012

Guéant Vert

Guéant vert !

 

 

 

Voilà un article au nom bien gras (et souligné). Puisque quelqu'un, ce messie des temps modernes, s'est enfin décidé à dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, à lever le tabou le plus pesant de notre société, j'ai décidé de m'engouffrer dans cette brèche et d’approfondir le sujet, tant que la censure n'a pas encore frappé. Mais de qui que je parle ? De Claude Guéant bien sûr. Cet homme illustre, dont voici le portrait ci-dessous

 

(Un Guéant vert. Désolé.)

 

Je disais donc cet homme a, la semaine dernière, osé lever le tabou, tabou lié à la « bonne pensée universelle », selon laquelle toutes les civilisations seraient « égales ». Et bien selon lui, c'est faux. Et il a, une fois de plus, bien raison. Et je vous le prouve à coups d'exemples criants : regardez les Samoans. La fameuse civilisation samoane. Déjà on n’est même pas sûrs que ce soit bien comme ça que « ça » s'appelle. Ensuite ce ne sont qu'une civilisation de rugbymen dont l'objectif semble d'être le sosie le plus parfait du bibendum Michelin, et ils y arrivent d'ailleurs très bien. On pourrait aussi parler des serbes qui sont les seuls assez cons pour être nationalistes alors qu'ils vivent dans un pays de merde, ou des russes qui s'amusent à chaque élection à élire le même dictateur.

 

Après ces exemples, il apparaît comme évident qu'il y a bel et bien une inégalité des civilisations, formant ainsi une pyramide dont les civilisations occidentales occuperaient le sommet. Et c'est en toute logique qu'on peut l'affirmer aujourd'hui, alors qu'il y a deux semaines, personne ne voulait en entendre parler. Seul Adolf Hitler avait approché un peu le sujet, mais il plaçait au sommet de cette pyramide les aryens, qui ont disparu extrêmement rapidement (ce qui prouve par là leur infériorité. Les Incas vous expliqueraient ça mieux que moi), et donc toute son argumentation s'écroule.

 

La question que je vais poser relève du domaine de l'expert, aussi je m'excuse auprès des néophytes en discrimination. A l'heure où on découvre ces inégalités, il convient de dresser un « classement » regroupant ces différentes civilisations. La question est donc de savoir si nous pouvons apparaître dans ce classement en tant que tels. Pouvons-nous réellement parler de civilisation française ? Existe-t-il une homogénéité de niveau entre les différentes civilisations qui peuplent la France, à tel point qu'elles ne forment qu'un tout compact et cohérent ? Eh bien à cela, je réponds qu'il faut étudier la question, et je m'en vais sur le champ argumenter, et vous présenter ma Pyramide des Civilisations de France (la PCF, et ça n'a rien à voir avec la Fête de l'Huma), qui montre que les civilisations de France sont différentes (et donc peut-être très inégales).

 

La Pyramide des Civilisations de France

 

 

Pour que ce soit plus marrant je vais bien sûr commencer par le bas de la pyramide. Ainsi le suspens est conservé.

 

Et c'est donc sans surprises que je vais d'abord m'attaquer aux Bretons. Cette civilisation est particulièrement intéressante, d'ailleurs. Tout d'abord, plusieurs points communs avec les Serbes, car les Bretons aussi développent un embryon de mouvement nationaliste, alors que leur contrée est particulièrement hostile. En effet, il y fait, à 10 degrés près, la même température en hiver qu'en été : entre 3 et 13°C, juste assez pour qu'il ne neige pas, pas assez pour qu'il fasse chaud. Le vent et la pluie constituent leur quotidien. Leurs noms de villages sont imprononçables pour ceux qui pratiquent un français correct. La population est principalement agraire (que des paysans ou des animaux). Aussi, pour résister à ces conditions hostiles, ils forgent de solides bretons dès l'adolescence, en les anesthésiant au Chouchen produit sur place. Cela accroît leur résistance à la morosité du temps, et fait de la Bretagne la première région d'alcoolisme chez les jeunes, selon les chiffres recueillis par l'INPES en 2008. Ils n'arrêtent pas de vanter la beauté de leur région, ce qui est une façon comme une autre d'avouer qu'ils n'ont rien d'autre à montrer (ce raisonnement est approuvé par Alain Soral, qui a théorisé l'année dernière : « En avouant que je suis dangereux, Stéphane Guillon dit implicitement que lui ne l'est pas. Et en plus de ça, j'ai baisé sa femme » Voir ici : http://www.wat.tv/video/alain-soral-stephane-guillon-3nspp_3mrmr_.html ).

 

On va passer aux Basques maintenant. Non pas qu'ils soient supérieurs aux Bretons. Non, ce serait plutôt des Bretons du Sud, en fin de compte. Mais en fait, on en a tellement rien à foutre que j'allais oublier d'en parler. Donc je les mets là. Contrairement aux Bretons, pour lesquels j'éprouve une profonde antipathie, je n'éprouve rien pour les Basques. Comme tout le monde, je n'y fais pas attention, et c'est une bonne chose. Les basques sont une peuplade préhistorique (comprenez que comme tout ce qui vient de la préhistoire, c'est voué à disparaître), composée de gens aux sourcils broussailleux, à la moustache facile et aux mœurs barbares (tir à la corde, rugby et autres incivilités). On n’a jamais su s'ils avaient des cheveux sous le béret, ou si les cheveux faisaient le béret, un peu comme Elvis avec sa banane, car à vrai dire, on n'approche pas un Basque. L'odeur de jambon de Bayonne et d'Etorki qui émane d'eux est assez dissuasive, et si on ajoute à cela le fait qu'ils sont entraînés au maniement des armes à feu depuis le plus jeune âge, l'envie d'une observation scientifique rapprochée vous passe assez vite.

 

Viennent ensuite la civilisation dite « des sudistes ». Celle-ci, contrairement aux deux précédentes, possède un territoire large, et elle n'est supérieure aux deux précédentes que par le nombre. Que dire quand on parle des sudistes ? Plusieurs choses font que cette civilisation est si spéciale : l'OM, le Téfécé, le Pastis, le Ricard, Louis Nicollin, Bernard Tapie, Marcel Pagnol, l'acceng (oh cong!). Mise à part leur accent qui fout des « g » partout, leur façon de conduire et de régler les conflits (qu'ils ont un peu volé aux Italiens, d'ailleurs), leurs équipes de merde, et la température bien trop élevée pour être supportée par des êtres humains (gros débat scientifique : le sudiste est-il un homme ? L'argument de la température va être utilisé pour contrer cette théorie jusqu'à la découverte de formes de vies humanoïdes au-delà Sahara, au 19° siècle). Les sudistes ont une fâcheuse tendance à se foutre de la gueule du monde, en particulier quand ce monde vient d'ailleurs que chez eux (contrairement aux Bretons qui, ne voulant pas disparaître, essaient de vendre leur hospitalité). Ils parlent fort et boivent beaucoup. L'effet de l'alcool est amplifié par la chaleur. Et ils ont chaud donc ils boivent. Et plus ils boivent plus ils parlent fort (et plus ils ont soif). C'est cette ligne de conduite (qui ressemble beaucoup à un cercle vicieux si vous voulez mon avis) qui caractérise leur civilisation. Aussi vrai que pour comprendre le Moyen-âge, il faut comprendre l'importance de la religion catholique, pour comprendre les sudistes, il faut comprendre l'importance de Paul Ricard. Vous ne pouvez donner aucune cohérence à leurs actions si vous faites abstraction des 45% d'éthanol contenus dans ces bouteilles vertes. Le sudiste est prétentieux quand il gagne, mauvais joueur quand il perd, bref, il ouvre tout le temps sa gueule et vous finissez dans le Vieux Port si vous lui faites remarquer.

 

On va passer très rapidement sur la civilisation auvergnate. Pourquoi cette facilité, que je m'accorde selon toute apparence arbitrairement ? Parce que personne ne sait ce qui se passe en Auvergne depuis 1944 (la Corée du Nord n'a rien inventé. Ce qui n'a rien d'étonnant). En effet la deuxième guerre mondiale semble avoir laissé plus de traces là-bas que nulle part ailleurs en France, sans doute à cause de la tentative de remise au travail du Maréchal Pétain (décidément, je ne parle que de grands humanistes aujourd'hui). Quelques données ont tout de même pu sortir de cette région austère. Climat frais. Paysage montagneux. Montagnes arrondies par le poids des âges, et recouvertes d'herbe (certains pensent que ce sont des volcans endormis, mais comme, de mémoire de vieillard, personne ne les a jamais vu se réveiller, on est en droit de douter de cette théorie un peu révolutionnaire, et pas très scientifique). Aurillac, ville la plus froide de France. Un PIB inconnu, un état d'avancement technologique inconnu (probablement parce qu'il n'existe pas, ce qui expliquerait pourquoi les Auvergnats s'habillent avec des peaux de bêtes et se chauffent au bois). Peu d'habitants, agriculture vivrière, beaucoup de vaches. L'accent en « che » ou en « ge », les photos satellites révélant peu d'infrastructures, tout cela porte à croire que des essais nucléaires ont été faits dans cette région, entraînant des mutations génétiques, linguistiques et territoriales peut-être irréversibles. A noter que le dernier document d'histoire au sujet de l'Auvergne est « Astérix et le bouclier Arverne », et ils utilisaient apparemment toujours du charbon à l'époque (le document date de 1968). Le faible nombre d'êtres humains dans cette région n'est cependant pas un obstacle à l'avancée de cette civilisation sur la ligne du progrès. Comme chacun sait, les auvergnats, quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a plusieurs que ça fait des problèmes.

 

Nous allons maintenant passer à la civilisation qui s'est développée autour du Rhône, un peu plus au Nord que celle des Sudistes. Cette civilisation a été marquée par plusieurs choses, qui font qu'elle se situe là où elle est dans la PCF : l'invention du cinéma par les deux seuls êtres doués d'un cerveau dans la région, les derbys ASSE/OL, la houille, les poteaux carrés, le v-ignoble, la montagne et Jean-Michel Aulas (on a les figures emblématiques qu'on mérite). Ainsi, ce sont des abrutis, qui peuvent aussi bien être des dégénérés qui habitent la montagne (comme les tibétains, en moins chauves) que des débris qui pullulent sur les bords d'un fleuve dégueulasse (et à très haut débit), des parasites qui poussent autour des anciennes mines ou des alcooliques qui naissent parmi les vignes. Ils ne sont, rassurez-vous, que très rarement tout ça en même temps. Le principal intérêt dans la région est bien entendu son vignoble, qui peut nous inonder de la piquette la plus dégueulasse chaque année (quoiqu'il existe du très bon Beaujolais, mais comme le vigneron est malin, il le garde pour lui) ou nous produire un petit Côte du Rhône qui nous émoustille la papille. Il faut tout de même leur donner ça : ils chôment bien moins que les Sudistes ou les basques. Mais ils sont moins rigolos, aussi.

 

La civilisation Normande est très peu connue. Restée dans l'ombre de ses voisines exubérantes, les civilisations bretonne, parisienne et ch'ti, elle n'a été que très peu mise à l'honneur, jusqu'au 19° où Guy de Maupassant s'est réveillé et, en grand ingrat, en a dépeint un portrait assez peu flatteur. Il est vrai que l'air marin, le calvados, le camembert, les algues vertes, les lisiers de porc, les déchets nucléaires à Cherbourg, les éleveurs et les racines Vikings font de cette civilisation peu connue un mélange à manier avec précaution. Ils nous cassaient bien les burnes jusqu'au 13ème siècle, puis, bon, ils ont fini comme tout le monde par se tenir tranquille. La Normandie, comme la Bretagne, a été le point de départ de beaucoup d’œuvres littéraires faites par ces artistes dérangés que l'on nomme les « romantiques », qui tentaient de retrouver les violences subies pendant l'enfance dans ces régions balayées par de fortes bourrasques. Ces fortes bourrasques rappelant, pour des esprits un peu ouverts, les gifles et autres sévices aujourd'hui interdites par la loi, qu'ils avaient pu subir après le huitième verre de Calva du paternel. Puis les réalistes et naturalistes (Maupassant par exemple), en ont enlevé la fibre romantique pour la remplacer par une sorte de « C'est arrivé près de chez vous » d'époque. La réputation de la région est alors ruinée, et on pense que la civilisation va tomber dans l'oubli, ou même qu'elle ne pourra pas subir pire châtiment. C'était sans compter les efforts conjugués des américains, des anglais et des allemands qui ont tout fait pour abreuver nos sillons Normands de leur sang impur (comme le prédisait la Marseillaise). Depuis, chaque année on se rassemble sur ces plages (qui ressemblent désormais à des pelouses d'algues vertes, mais c'est un autre sujet) pour se rappeler que, ce 6 juin 1944, des nations se sont battues à notre place pour nous libérer ou nous conserver sous leur emprise, et que nous-mêmes n'avons presque rien foutu. Et puisque c'est en Normandie que ça s'est passé, la civilisation doit depuis chaque année supporter le poids de cette humiliation. Et pour cela, les Normands méritent toute ma pitié.

 

La civilisation Parisienne se doit elle aussi d'être étudiée attentivement. Après tout, Paris vaut bien un paragraphe. S’ils arrivent si tard dans ce classement, c'est bien entendu grâce à l'extraordinaire dynamisme économique dont les peuples se revendiquant de cette civilisation font preuve. Mais pour le reste, elle n'est pas meilleure, et parfois pire, que les autres. Peut-on vraiment être une civilisation forte quand la plupart des richesse en excédent sont redistribuées vers l'organisation de défilés de mode aux goûts plus que douteux (surtout depuis a disparition mystérieuse du seul styliste qui en valait le coup, John Galliano), vers la mise en place de vernissages aussi nombreux qu'inintéressants, durant lesquels deux érudits qui connaissent trois « œuvres » d'art contemporain déblatèrent devant un monochrome blanc en se touchant mutuellement la nouille ? Cette civilisation est d'autant plus insupportable qu'elle est globalement assez hautaine envers les autres, sans qui pourtant elle ne pourrait pas manger (ce qui serait, tout de même, un sacré frein à la croissance, comme le prouvent les diverses expériences économiques menées à ce sujet en Somalie). Or, c'est l'origine de ce sentiment de supériorité que nous devons étudier scientifiquement. Il apparaît après quelques recherches généalogiques que la grande majorité des individus composant cette civilisation est issue elle-même de cette zone que l'on nomme la province, ou encore de l'immigration auvergnate (je vous invite à lire le livre « Politiquement incorrect : les vérités qu'il ne faut pas dire au sujet de l’immigration » écrit par Brice Horetefeux, un spécialiste des auvergnats immigrés), africaine, chinoise (devant la Joconde, au Louvre, surtout), d'hommes du Marais (à ne pas confondre avec les hommes des marais) aux mœurs étranges. Bref, une hétérogénéité, qui entraîne un manque de cohésion cristallisé dans l'organisation spatiale de ces différents arrivants : les immigrés choisissent d'assiéger la capitale, tandis que les autres doivent, bien malgré eux, se replier vers les quartiers de la Défense, le 15ème et le 16ème arrondissement de Paris. Cette supériorité est donc une façade qu'ils se donnent, ça leur évite de trop penser à leurs problèmes.

 

Nous allons maintenant passer à la civilisation insulaire Corse. Il est très important d'apposer l'adjectif « insulaire », qui révèle à lui seul le mur de difficultés auquel on se heurte si on tente de comprendre cette civilisation. Vous ne pouvez pas faire abstraction du caractère insulaire de ce peuple. La civilisation est née au 18ème siècle (auparavant, l'île était aux mains de ces catholiques bouffeurs de pâtes et de pizzas, ce n'était donc pas une civilisation, et encore moins française). Cette région est remarquable par son folklore et sa géographie, qui sont des ingrédients inséparable de la région. Civilisation aux mœurs complexes : les Corses donnent parfois l'impression de communiquer par le regard, ne lâchant que quelques bribes de conversation, ce qui a longtemps fait douter de leurs capacités intellectuelles à parler le français. Mais ce n'est que façade, cette civilisation est certainement celle qui compte les plus fabuleux conteurs de tout le pays, ce qui est un argument plus que positif quant à leur situation dans la PCF. Cette une société structurée, saine, où les femmes n'ont que très peu de place (influence latine), où les journées sont rythmées par les parties de pétanques, les apéros, les siestes, la traite des chèvres. Les individus Corses sont pour la plupart accros aux 4*4 et aux cylindrées, ce qui fait paraître leurs routes assez dangereuses pour ceux qui ne conduisent pas avec la même aisance qu'eux sur des routes truffées de virages et d'animaux endormis. Ils sont également très attachés aux treillis militaires, aux cagoules (noires de préférence), et développent une passion immodérée pour les armes : armes blanches, armes de chasse, armes de guerre, explosifs. Mais ils ne constituent pas pour autant un peuple belliqueux. Certains de leurs gestes à l'encontre de bâtiments qui, par le hasard le plus total, étaient les plus représentatifs de la présence de l'état français sur leur territoire (gendarmeries, mairies, préfets, villas des continentaux, etc...) ont été pris, à tord, comme une volonté séparatiste. Il n'en est rien. Vous ne testez jamais le matériel que vous venez de recevoir, vous ? C'est donc une civilisation dont on se méfie beaucoup trop : on les traites de « miliciens », d'indépendantistes, de producteurs de fromages toxiques (forcément, si vous mangez la croûte...), et on oublie beaucoup trop souvent que c'est une civilisation qui désire simplement conserver son paysage à l'identique. Attention à l'endroit où vous construisez votre maison (il se peut que vous la construisiez malencontreusement sur un pain de C4 oublié), à ce que vous mangez (enlevez la croûte du fromage, et les vers qui y sont collés), et à où vous allez pour vos promener. Les Corses vous remercient par avance.

 

Nous continuons à grimper dans la pyramide avec la civilisation Ch'ti. Cette civilisation s'est développée dans tous le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et ses environs proches (surtout à l'Est). Le peuple Ch'ti est noble et travailleur, et il est la vitrine de toute l'histoire de France. Très peu de civilisations peuvent s'en vanter et il est important de le souligner. C'est également un exemple pour la France. Les vestiges de Vimy témoignent de la volonté de toute la France, rassemblée en ce point hautement symbolique, à faire face aux méchants Boches. Les champs de croix qui s'élèvent dans toute cette partie de la terre Ch'ti sont autant de rappels du dévouement de courageux soldats (et de quelques invités américains, anglais et canadiens insignifiants) à défendre une patrie qui allait pourtant lamentablement les lâcher 60 ans plus tard. En effet, au Nord, c'est d'abord le charbon, et également, pour la Picardie, énormément de plaines d'élevage ou de culture. Une terre parcourue d'une part par les terrils, ces collines noires, d'autres part par des plaines, elles-mêmes peuplées de paisibles ruminants et de leurs propriétaires (on a parfois d'ailleurs du mal à les distinguer). Pas de fossé générationnel chez eux : les différentes tranches d'âge cohabitent parfaitement. A Outreau, par exemple, il n'était pas rare de voir des gamins de 6 ans dormir avec des vieux de 40, dans l'harmonie la plus totale. Les Ch'tis sont très accueillants, toujours souriant, parlent très fort et boivent beaucoup (mais ils tiennent apparemment bien mieux que les sudistes). Et malgré ses atouts, cette civilisation va tomber dans le fléau du siècle, le chômage, avec la fermeture des mines de charbon. Aujourd'hui ces peuples s'occupent donc avec leurs équipes de football, leur vie sexuelle épanouie et sans tabous, et le Picon Bière.

 

Enfin, à égalité avec les Ch'ti sur la PCF, la civilisation Bourguignonne. Que serait la France sans cet exemple à suivre ? « Tout est bon dans le Bourguignon », a dit un jour Jean-Pierre Coffe, en parlant du bœuf bourguignon. Cette phrase peut parfaitement s'appliquer à tout ce qui touche à la Bourgogne. Il convient d'abord de citer les principaux penseurs qui ont fait de la Bourgogne moderne ce qu'elle est aujourd'hui. Sinon, ce serait comme parler de la Californie sans parler de Tupac Amaru Shakur, ou d'Arnold Schwarzenegger. Ces grands penseurs sont donc au nombre de 4 pour les plus importants, au nombre de 4 : Emile Louis, qui a fait connaître la Bourgogne à la France entière par ses actions auprès des handicapés ; Michel Fourniret, qui a, avec sa compagne, étendu son œuvre civilisatrice jusqu'à Auxerre ; Jean-Pierre Treiber le célèbre garde forestier, qui a inspiré le tube « Promenons-nous dans les bois, pendant que Treiber n'y est pas » et qui a montré à la France entière les lacunes de son administration pénitentiaire. Enfin, certainement le plus important de tous, Guy Roux, qui possède d'ailleurs en reconnaissance de son œuvre bienfaitrice (oui, ça se dit) la totalité des bars, magasins de sports, auto-écoles, noms de rues de la ville d'Auxerre. Ce bellâtre au charme ravageur, qui aurait pu faire concurrence en même temps aux meilleurs sommeliers, aux plus compétents des entraîneurs de foot, aux plus ambitieux des investisseurs de toute la planète, a préféré œuvré pour le développement de l'image des Bourguignons, et de leurs plus actifs représentants, les Icaunais. Ils avaient pourtant fort à faire, se traînant le boulet Nivernais, et se coltinant de surcroît ces bourgeois dijonnais qui essaient chaque jour un peu plus d'être plus snobs que les parisiens. Grâce à des ressources naturelles parfaitement utilisées (les vignobles sont exploités jusqu'à la moelle, alors que le Morvan a la même gueule depuis 200 ans, et la conservera jusqu'à la fin des temps) et une société, là encore, très hiérarchisée, où les femmes et les enfants sont couramment battus ou violés, grâce à un taux de consanguinité qui atteint des records dans les nombreux petits villages, la Bourgogne s'impose aujourd'hui comme un modèle de dynamisme, à suivre impérativement. Le poil dans les oreilles de certains est dû à l'extrême hostilité du climat (la civilisation Bourguignonne s'étend jusqu'en France Comté et en Haute Marne, où les températures sont difficilement supportables pour un organisme humain non adapté). Ce sont les Bourguignons qui ont le plus de chance, grâce à leur morphologie qui est adaptée aux climats froids, montagneux, chauds, humides. Il apparaît cependant que le Bourguignon résiste assez mal à la sécheresse, d'où les craintes des autorités quand il faut, en hiver, saler les routes. Comme chacun sait le sel dessèche, absorbe l'humidité, mais empêche aussi aux routes de geler. Cruel dilemme : le bourguignon doit-il mourir desséché, mais avec un système de communication routier (et donc un appareil économique en bon état), ou doit-il patiemment attendre la fin de l'hiver puis redoubler d'effort pour rattraper le temps perdu ? Certains héros s'aventurent tout de même dehors, utilisant des tracteurs aux roues énormes, ce qui défonce les routes et n'est pas une solution. Une chose est certaine, si on avait confié ce territoire aux parisiens, ou aux Basques, la France ne serait pas là où elle est aujourd'hui. Réfléchissez-y.

 

Les conclusions

 

Voici donc une représentation de ce que donnerait la PCF :

 

Bourguignonne - Ch'ti

Corse - Normande

Parisienne – Rhodanienne - Auvergnate

Bretonne - Basque - Sudiste.

 

A la suite de l'enquête, il apparaît clairement que les différentes civilisations françaises s'articulent grosso-modo sur 4 niveaux, regroupant 10 civilisations. Or, si on observe un écart qualitatif réel entre le Breton et le Bourguignon, c'est écart est minime et semble se réduire dans le temps. L'extrême complexité de la situation française rend difficile toute étude scientifique sur le sujet. Toutefois, l'interpénétration entre groupes du même niveau, d'une même famille en quelque sorte (cette interpénétration familiale a d'ailleurs été copiée sur le modèle Bourguignon, où cette pratique est très fréquente), mais également entre Sudistes et Corses, entre Sudistes et Basques, entre Sudistes et Rhodaniens, entre Parisiens et Rhodaniens, entre Parisiens et Bourguignons, entre Bretons et Normands, laisse à penser qu'on a bel et bien une homogénéisation du niveau des différentes civilisations françaises.

 

On peut donc réellement parler de LA Civilisation française, avec un grand C.

 

Quelques notes

 

-Dans un souci d'authenticité, toutes ces notes seront rédigées en italique

-Vous avez très judicieusement remarqué l'absence des Catalans, que j'ai glissés parmi les sudistes dans une totale impartialité. Et d'ailleurs je vous emmerde, Perpignanais (putain que ce mot est laid).

-A ceux qui se demandent pourquoi la civilisation Alsacienne ne se situe pas dans la PCF, je réponds par deux questions. Tout d'abord depuis quand les Alsaciens sont ils français ? Et ensuite, depuis quand sont-ils civilisés ? Merci de ne plus m'importuner avec ces remarques peu pertinentes.

-Si vous regardez très attentivement, vous remarquerez que ce document ne compte que 4 « k » et 4 « w ». Ceci a été fait pour simplifier votre lecture et donc votre compréhension. De rien.

-Les « Centristes » dépendent depuis très longtemps du rayonnement parisien, je n'ai donc pas traité de leur cas en particulier. D'autant plus qu'il n'y a rien à voir au Centre, et ce n'est pas Douste-Blazy qui va me faire croire le contraire.

-Vous remarquerez que du second degré s'est subtilement glissé entre ces lignes, et vous pouvez donc exercer votre sens de l'humour à débusquer les références cachées derrière l'insulte et le cliché, et toute sortes d'autres joyeusetés presque aussi amusantes.

 

31 janvier 2012

"J'veux pas rater Téléfoot", Renaud

Pourtant, CJP rate systématiquement tous ses Téléfoot. Mais bon, comme je crois que tout a été dit sur CJP, j'arrête avec lui, et je vais essayer de me concentrer uniquement sur son émission en faisant abstraction du fait qu'il soit devenu insupportable (et encore, même là on pourrait disserter).

 

Plus généralement, j'ai envie de tacler toutes les émissions de foot à la Télé. Ouais, ça m'a pris comme une envie pressante de chier, de pisser (ou de violer une gamine, pour les prêtres catholiques qui lisent ces lignes sans comprendre mes comparaisons). Parce qu'on va pas se mentir, à part quelques 100 % Foot qui valaient le coup d'être vus (surtout depuis que le camarade Cazarre les a rejoint, apportant un second degré parfois nécessaire pour nous faire oublier nos Nancy/Auxerre malheureux), c'est quand même essentiellement de la grosse daube, bien odorante et bien visible, pour notre plus grand malheur.

 

Ils se foot de notre gueule

 

Puisque j'ai commencé avec Téléfoot, je vais continuer là-dessus, puisqu'à une époque (c'est peut-être toujours vrai) c'était l'émission de foot la plus regardée en France. Et ben putain, ça fait mal au cul. Parce que quand on regarde les débuts de l'émission, qui était animée par Pierre Cangioni (que je salue d'ailleurs, cher voisin), avec des véritables interviews, des questions qui fâchent, et des sujets abordés sensiblement plus profonds que les conneries people qui nous sont servies maintenant, on se demande comment l'émission a pu tomber aussi bas. C'est bien simple, ça s'appelle concurrence, mauvais casting et perte des droits TV.

 

Parce que oui, Téléfoot réussi le tour de force de faire une émission de Foot sans images de la Ligue 1, alors qu'on est un tout petit peu en France quand même. Ce serait presque un tour de magie si c'était pas aussi chiant. Mais alors, vous pouvez vous demander comment les présentateurs font-ils pour combler les vides laissés par l'interdiction de diffuser des images de matchs ? Rien de plus simple. O vous met un zapping de 10 min. On rajoute par dessus une grosse plâtrée d'interview croisée Didier Drogba / Samuel Eto'o / Mathieu Valbuena / Gignac durant laquelle on pose des questions inintéressantes sur la vie des joueurs (comme si on en avait quelque chose à foutre des gosses de David Beckham, sérieux), et on remplit les 20 minutes restantes par des images ultra-rapides des championnats Anglais et Espagnol et une analyse fine comme David Douillet faite par un Bixente Lizarazu aux sourcils de plus en plus étranges.

 

Qu'est-ce qu'ils ont mes sourcils ?

 

Voilà Téléfoot tel qu'il existe depuis presque 10 ans. Et contrairement à ce que certains pensent, c'était pas mieux avec Thierry Gilardi. Non non non, faut arrêter d'être sympathique avec lui sous prétexte qu'il était cancéreux et qu'il est mort parce qu'il a trop fumé. Intouchables est sorti, on a le droit de se foutre de la gueule de n'importe qui maintenant. C'était déjà de la merde à l'époque, la seule chose qui était plus appréciable, c'est qu'il n'y avait pas Bixente, ni, si je me rappelle bien, Fred Calenge et David Astorga (aujourd'hui exilé sur une chaîne inconnue). L'utilité de ces deux derniers est d'ailleurs invisible, on a beau chercher, à part mesurer la hauteur de la pelouse avant les matchs, je trouve pas...

 

La médiocrité de l'émission se fait ressentir jusque pendant les matchs (devenus de plus en plus rares) retransmis sur TF1. Un Arsène Wenger qui lâche deux « oui » et trois « je crois » par matchs et qui est payé des millions, un Fred Calenge qui est inutile de toutes façons, et un CJP qui a, comme tous les commentateurs, son style propre. Et comme tous les commentateurs, ce style est insupportable. Ceux qui pensent que CJP est une sorte d'être unique se trompent. Il a certes des vices, mais il n'est pas le seul, et d'autres en ont plus que lui. En tout cas, un match sur la 1, quelque soit le match, c'est ennuyeux à mourir. Pas d'analyse technique approfondie, pas de remarques intéressantes.

 

On en vient à se demander, même, quelle est le but de la retransmission de matchs sur TF1 ? Ou même, quel est l'objectif de Téléfoot ? Il n'y a rien. Pas de ligne éditoriale, pas d'humour, pas d'analyses, pas d'investigations. La mission noble des débuts de l'émission était d'apporter un complément d'information au sujet du football, des infos techniques, des analyses, bref c'était intéressant. Aujourd'hui il n'y a plus rien. Les présentateurs n'en ont même plus rien à foutre, les émissions se suivent et se ressemblent, et le seul qui semble prendre son job à cœur, c'est l'ancien Champion du Monde 98 (et heureusement, parce que qu'est-ce que ça serait sinon...). On fait du people, de la niaiserie. On a l'impression que la seule utilité de l'émission, c'est de pouvoir regarder autre chose que la messe un Dimanche matin. Pour que ça cesse, il faudrait que TF1 redonne les moyens à son émission de redevenir intéressante, pas seulement qu'elle soit là pour boucher une heure dans le programme TV.

 

Pierre Ménès, alias Big Foot

 

On va maintenant passer à l'émission qui a tué toutes les autres, et qui pourtant n'est pas bien meilleure. Le Canal Football Club, ou CFC pour les accros des acronymes et autres sigles. Canal parce que c'est diffusé sur Canal +, Football parce que... personne ne sait pourquoi il y a football dans le titre de cette émission en fait. Et club parce que les présentateurs ont tous l'air de fréquenter/diriger des clubs échangistes. C'est cette émission, diffusée en clair sur la plus célèbre des chaînes cryptées le soir, le plus souvent les soirs de matchs, qui a enterré toutes les tentatives des autres chaînes pour avoir une émission Foot compétitive. « CFC m'a tuer », voilà ce qu'on pouvait lire dans les rédactions de Téléfoot, de France 2 Foot et d'autres encore.

 

Si ce bref paragraphe n'a pas suffit à vous convaincre que c'est une émission d'enfoirés, je vais approfondir, pour que vous compreniez bien à qui vous avez affaire. Cette émission est rapidement devenue l'antre de la mauvaise foi et des blagues grasses, faites par des gens gras. Ne voyez dans cette critique aucun caractère raciste ou discriminatoire envers les personnes d'extrêmement forte corpulence. Je les aime bien les gros, ils ont des têtes rigolotes. Non, ces gens là son gras dans leur tête. Gras, pas drôles, et surtout peu compétents.

 

C'est grâce à cette émission que, maintenant que Guy Carlier n'est plus visible à la télé, Pierre Ménès se partage le titre d'obèse le plus connu du foot avec Louis Nicollin. Et malgré les efforts du gros Pierre, qui aimerait bien être reconnu comme humoriste du foot, c'est Loulou le plus drôle, alors que ce n'est pas son métier. Pierrot, en king de la beaufitude, a poussé le vice jusqu'à avoir sa marionnette aux Guignols (ce qui n'est tout de même pas rien), et s'est adjoint, pour parfaire son image de gros dégueulasse, les services de jeunes filles charmantes (pour rester poli) qui n'y connaissent pour la plupart pas grand chose au Football. Pierrot, c'est donc l'oncle toujours bourré de vos repas de famille, celui qui ne se contente pas de crier « A poil ! » pendant les réunions de famille mais qui se déshabille vraiment (pour le plus grand malheur de votre mère qui avait décidé, pour une fois, de regarder le CFC). C'est cette figure de gros nounours arrogant qui a fait chavirer le cœur des Français, pour qui il est devenu LA référence en termes de football. Je ne vais pas m'attarder sur son poids, il risque de mal le prendre, lui qui passe sont temps à avoir la critique facile sur tous les sujets, sujets desquels il ne connaît presque rien la plupart du temps. Certains le défendent en disant qu'il a de la culture sur le football. Je réponds que mon chien aussi a vu la Coupe du Monde 98, et il n'est pas chroniqueur au CFC. Je me permets également de lui rappeler que quand on lui dit qu'il n'est pas drôle, c'est pas parce qu'il est gros. Guy Carlier, lui, était drôle ET gros. Et ce n'était pas un beauf.

  

D'après vous, qui est le plus drôle des trois ?

 

 

Perdu.

 

Mais ne nous attardons pas sur Pierrot. On va également parler du CFC en général, car Pierre n'est pas le seul à rabaisser le niveau du CFC. Les nombreux chroniqueurs, présentateurs, joueurs et consultants, qui se battent férocement pour la palme de l'inutilité, ont tous une grosse part de responsabilité dans ce qu'est devenue l'émission. Une catastrophe. Même pendant les matchs, ils sont insupportables. On parlait de CJP, avec ses tics verbaux, ses commentaires plats. On passe à Canal + : des journalistes non objectifs, chauvins, et surtout qui tapent sur l'arbitrage. Constamment. Et c'est là la marque des faibles. Quand on veut avoir un minium de classe, en tant que journaliste sportif, et intellectuel du foot, on cherche des causes profondes, on prend du recul. Avec les gars de Canal, on a le droit à un remix de Thierry Roland en moins drôle. Chauvins, ne reconnaissant pas leurs erreurs même quand elles sont avérées, les journalistes de Canal + ne commentent pas le match : ils cherchent le hors-jeu, la simulation, bref, la « faute d'arbitrage ». Pour eux un match ne se résume qu'à ça : des ralentis pour prouver que l'arbitre à tort, des arrêts sur image et un « révélateur » pas droit pour contester les décisions de l'arbitre. Et, le reste du temps, des gros plans sur un seul joueur quand il fait la touche (ce qui est totalement inutile, puisqu'il est bien plus intéressant de filmer l'équipe et son placement d'une manière globale que d'étudier la manière dont un joueur lance bêtement un ballon avec les mains), et des ralentis d'actions et de dribbles qu'ils nous repassent 15 fois.

 

Vous l'aurez compris, je tiens le CFC comme responsable en partie des problèmes que les gens ont avec les arbitres de nos jours, responsable de la décadence du football télévisé, et du fait que le football dérive de plus en plus vers les individualités (pour appuyer mes dires, regardez les dossiers d'avant match, lors des PSG/OM et autres classicos, et écoutez-les nous vendre des duels à distance entre Messi et Ronaldo, entre Pastore et Rémy, etc... Pathétique). Les médias ont donc une grande part de responsabilité dans les dérives individualistes du football actuel, lorsqu'ils résument des matchs à un duel entre 2 joueurs, lorsqu'ils nous font des gros plans sur un joueur, lorsqu’ils starifient à outrance.

 

Je vais m'arrêter là. Alors bien sûr, il reste d'autres émissions, sur Cfoot, sur l'Equipe TV. Qui sont peut-être d'une qualité un peu meilleure, quoique. Et puis surtout, il y avait 100% Foot, qui a été arrêtée récemment par M6. Mais ces émissions ne sont que peu regardées, par apport aux navets footballistiques de Canal et TF1.

 

Je profite de cette fin d'article un peu bancale pour remercier Piet, le dessinateur qui a fait l'image que vous trouvez en haut de votre page. Vous trouverez son blog quelque part dans la colonne de droite, et sachez apprécier. A défaut d'avoir de l'humour, il a du talent (bisous piet, je t'aime).

 

 

 

Les images ne sont pas prises par moi. Si vous arrivez à lire, veuillez respecter leur utilisation et les droits d'auteur, etc... et toute la merde qui s'en suit. Merci d'avance.

 

On fait le bilan?

On fait le bilan !

 

 

Ceux qui s'y connaissent un peu en rap savent d'ores et déjà, grâce au titre, que je m’apprête à me livrer à cet exercice hautement périlleux qu'est le bilan d'une année en rap. Pourquoi périlleux ? Parce que l'exercice consiste à faire une liste des faits marquants qui se sont déroulés pendant une année dans un domaine spécifique (ici, le rap français). Et comme j'ai la flemme, et qu'il s'est passé beaucoup de choses, je vais pas tout mettre dans ma liste. Ce qui implique une sélection, hautement suggestive, dont on espère que les choix seront justifiés.

 

Ce ne sera pas le cas. J'ai pas que ça à foutre, que je n'ai de comptes à rendre à aucun directeur de rédac' malfaisant et opprimant, et surtout que cet article s'adresse essentiellement aux spécialistes (ceux qui ce demandent pourquoi je ne parlerai pas de l'album de Mister You peuvent donc sauter l'article et retourner écouter leur merde) du mouvement, dont je me vante (si peu) de faire partie. Je vais donc, pour une fois, essayer de structurer un peu la daube que je vais vous pondre devant vos yeux ébahis, histoire que ce soit moins indigeste.

 

La Renaissance ?

 

Permettez-moi tout d'abord d'en glisser une petite aux soi-disant puristes, qui pensent que le rap était mieux avant. Ceux qui poussent même le vice à faire des T-Shirts, à grand tirage, qu'ils vendent aux puces de Clignancourt avec ce slogan « le rap c'était mieux avant » imprimé en gros caractères devant. Vous n'êtes que des branleurs et des mollusques qui se complaisent dans leur médiocrité et qui préfèrent rester dans l'ignorance à grand coups de slogans tout faits plutôt que de chercher, chaque année, la perle rare dans le vaste paysage du hip hop français. Vous êtes déjà des vieux qui radotent alors que vous n'avez qu'à peine 20 ans pour certains. Oui, en proportion, il y a plus de merde aujourd'hui dans les bacs qu'il y a 15 ans. Mais il y a aussi, et c'est là qu'on reconnaît de vrais érudits, des albums d’anthologie qui sortent tous les ans ou presque.

 

Et le nombre de perles parues cette année est tellement élevé qui, s'il est vrai (et ce n'est pas le cas) que le rap est mort depuis 2000, cette année 2011 marque la renaissance du mouvement. C'est donc définitivement la fin des rabats-joie cités précédemment. Et cette renaissance s'est faite grâce à plusieurs choses.

 

Tout d'abord, l'album de La Fouine. Nan je blague. Tout d'abord, l'émergence du mouvement Rap Contenders, la première ligue de battle « A capella » en France. Si vous ne connaissez pas, tant pis pour vous. Cette ligue, dont les battles principaux comptent plus de 1,7 millions de vue sur Youtube, a permis de faire découvrir des artistes jusqu'ici inconnus du grand public, et pourtant très talentueux. C'est très intéressant de voir une organisation comme celle-là permettre à (presqueà n'importe qui de se « faire voir » sur Internet, qui est devenu le média numéro 1 (le seul véritable, finalement) en ce qui concerne le hip hop français. C'est un mouvement fédérateur autour duquel se réunissent différents artistes, ce qui à créé une émulation, un buzz, sur Internet. Et grâce à ce buzz, ces artistes peuvent être connus sans signer dans une grande maison de disque, ce qui était un des obstacles principaux à la diffusion massive de leur musique.

Cette ligue de battle remet donc au goût du jour un des cinq piliers du hip hop (avec le graff', le break', le texte et le beat) tel qu'il a été définis par ses précurseurs aux USA dans les années 80. On a donc bien une sorte de retour aux sources, à la base, qui n'est que bénéfique à un mouvement qui s'était égaré entre les grosses paires de seins de bimbos au fil de leurs clips tous plus ridicules les uns que les autres.

 

Et c'est ce mouvement de retour au rap primaire, brut, qui va dominer pendant cette année 2011. Ce retour se fait sentir aussi bien dans les voix que dans les univers sonores ou les thèmes abordés. On sort progressivement du misérabilisme du jeune de banlieue dealer par nécessité, qui subit des quolibets racistes, etc... Ces textes, bien que nécessaires car c’est le seul moyen pour une certaine frange de la population de s'exprimer, ont fini par faire tourner la musique en rond, l'enlisant dans un univers sombre, où chaque rappeur essayait d'être de plus en plus « hardcore », de plus en plus dans la noirceur. On voit, cette année, le retour à la joie, aux samples de musiques populaires des années 50/60, et on aperçoit aussi une diversification des thèmes, qui était nécessaire pour redonner un nouvel élan à la musique rap.

 

Un des exemples les plus caractéristiques de ce que je viens de dire, la chanson « 1990 » d'Orelsan, sorti en septembre. Retour au flow des années 90, des punchlines old school (qui a dit kitsch?), un style vestimentaire qui, décidément, a bien fait d'être oublié, et surtout un sample magique. Bien que le reste de l'album soit beaucoup plus édulcoré et vide de sens (en effet, le premier était rempli de polémiques, d'agressivité et de déprime, alors que dans « Le chant des Sirènes », seule « Suicide Social » est agressive), il y a un retour à l'univers 90's, qui constitue, quoiqu'on en dise, l'âge référence de notre hip hop.

Je vous vois revenir au galop, puristes de mes deux. J'ai dit âge référence, pas âge d'or. Là est la différence. Le rap n'était pas mieux avant, mais avant c'était quand même super cool. Le but n'est donc pas de jouer les faux romantiques nostalgiques en disant « Le Rap c'était mieux avant » : personne ne vous empêche de prendre un micro et d'essayer de faire comme avant, ou de s'en inspirer en y rajoutant votre « modern touch ». Oui, il y a un retour à la source, car le rap s'est perdu en chemin, mais il a surtout évolué. Le rap à l'ancienne tel qu'on nous le vend maintenant est très différent de ce qu'il était en 90. Il est plus technique, les fonds sonores et les flows sont mieux ajustés. Les jeunes de 2011 n'ont donc pas à rougir des performances des anciennes légendes, par ailleurs toutes mortes. De nouveaux groupes, de nouveaux artistes, sont très prometteurs et commencent à sortir la tête de l'eau, que ce soit à Paris (TSR, etc...) qu'en province (à Lille notamment), et ça ne peut être que bénéfique à un rap qui devenait au fil du temps ankylosé par le manque de professionnalisme de certains artistes.

 

On a donc un niveau qui s'est considérablement élevé, avec une concurrence amicale et productive, ce qui n'était pas le cas lors des précédentes années durant lesquelles les mauvais artistes, pour se refaire un buzz, se mettaient à critiquer à tout va. L'absence de clashs entre les « grands » est elle aussi une des causes qui font que le cru 2011 est aussi savoureux. Youssoupha aura lui tenu tout son public en haleine pendant un an, avec notamment l’issue de son procès qui l'oppose à Zemmour, et également avec un modèle de promo Internet, sur lequel il a mis à disposition un album téléchargeable gratuitement.

 

1995 : le phénomène

 

Le terme de promo modèle nous amène à nous intéresser à la révélation de l'année, le groupe 1995 (prononcez comme vous voulez, on s'en tape). Parce que oui, même si on fait abstraction de la musique, 1995 mériterait d'être dans les synonymes du mot « buzz » de la prochaine édition du Larousse. En un an, le groupe parisien serait passé du statut d'illustre inconnu à un passage à la télé sur plusieurs chaînes de la TNT.

 

A grands coups de vidéos de freestyles, de battle aux Rap Contenders, d'open mic, de mélodies qui rentrent dans la tête, ils se sont imposés dans la plupart des esprits des fans de hip hop. Plusieurs millions de vues sur Youtube là encore, une tournée en fin d'année très réussie, le groupe a tout pour s’envoler. Sauf une maison de disques. Mais ils n'en veulent pas, ils sont indépendants et fiers de l'être, pour le moment.

 

Mais le groupe ne se résume pas qu'à une promo, gérée, il est vrai, d'une main de maître. Il y a le « skill », aussi, jamais ils n'auraient fait autant de boucan, en étant signés sur un label indépendant, s'ils n'avaient pas été un minimum talentueux. Parrainés depuis peu par Zoxea, le vieux lion, et emmenés par leur Dj Lo' (qui est à mon avis le meilleur membre du groupe), les jeunes étonnent et détonnent par leur énergie. Leur manière de rapper, que beaucoup trouvent « old school » (au sens mélioratif du terme, puisque le rap était mieux avant ne l'oublions pas...), je la trouve au contraire très fraîche et novatrice. Avec leur album « La Source », qui a relativement bien fonctionné à l'antenne, les jeunes parisiens ont présenté leur univers, fait de substances alcooliques, de feutres noirs et de cannabis, à un public français qui attendait ce vent de fraîcheur depuis longtemps. A à peine 20 ans, ils se sont fait élire « Groupe de l'année 2011 » par les auditeurs de Skyrock alors qu'aucuns de leur titre n'est dans les playlists de la radio.

 

Cependant, le chemin est long pour ces jeunes vantards. SI leur prétention, leur « swagg » est devenu leur argument commercial, il ne faut pas qu'ils oublient qu'ils n'en sont qu'au début. Qu'ils n'ont produit qu'un seul album, qui n’est tourné que vers eux-mêmes et donc largement égotripé, alors que le rap était à la base une musique de partage, dans laquelle il y a (parfois, pas tout le temps sinon c'est casse-couille on a l'impression de regarder le JT) un message. Faut pas non plus qu'ils s'égarent trop sur cette ligne du « moi je », ça va vite nous saouler, et ce serait dommage.

 

La menace de la massification

 

N'en déplaisent aux défenseurs d'une culture populaire accessible à tous, le rap est devenu très rapidement une musique extrêmement élitiste, et il faut bien l'admettre, à l'écoute de certaines bouse qui nous bouchent les oreilles, que tout le monde ne peut pas faire du rap. Ce constat peut être appuyé à l'écoute de la seule (malheureusement) radio rap diffusée dans toute la France. Les Mister You, Colonel Reyel et autres Sexion d'Assaut ont également sorti leur album cette année, pour notre plus grand malheur à tous. Ce sont autant de preuves évidentes que la qualité de la musique baisse si cette dernière est trop diffusée. La faute à qui ? Aux artistes, qui pour pouvoir passer en radio ou à la télé, produisent des titres édulcorés de 3 min 40 sec, avec des paroles creuses, une symbolique absente et parfois même un sens du rythme et de la rime laissant à désirer. C'est un fait, le rap d'aujourd'hui perd de son impact au fur et à mesure qu'il est diffusé. Alors que certains artistes comme 1995, Youssoupha ou même Orelsan n'hésiteront pas à demeurer sur des labels indépendants, et parfois aborder des thèmes polémiques dans leurs chansons, certains préféreront baisser leur froc et se faire enfiler par les exigences commerciales des maisons de disques.

 

Le blâme est aussi à partager avec le public. Les maisons de disques et les rappeurs ne sont pas entièrement coupables du côté obscur (ou plutôt décidément trop bling-bling) de la musique rap en France. Si les maisons de disques produisent des artistes sans talents, aux voix « auto-tunées » et aux rimes plates, c'est parce que ça se vend. L'audience française est donc composée de gens stupides qui achètent de la merde, sans chercher plus loin, alors qu'elle a à sa disposition un fabuleux outil pour s'ouvrir un accès plus profond à la culture (Internet). Mais, c'est vrai qu'entre 2 disputes sur Facebook avec ses amis, entre deux discussions enflammées sur Skype, entre 2 textos d'amour, on a plus beaucoup le temps d'aller se cultiver sur Internet.

 

Les médias constituent aussi une belle association de malfaiteurs, surtout en ce qui concerne le hip hop (et la banlieue en général, puisqu'initialement le rap sort de là). Cette année aura été celle de la mascarade Skyrock/Bellanger, durant laquelle on aura vu se ridiculiser toute une part de la scène hip hop (ceux qui passent sur Skyrock, bizarrement) qui défendront la « liberté d'expression » alors que cette campagne n'était qu'une vaste mascarade qui visait à maintenir à la tête de la seule radio rap nationale un individu nauséabond, aux mœurs sexuelles qui n'ont rien à envié à celles de notre cher DSK. La campagne de mobilisation la plus mensongère jamais menée sans aucun doute par une radio. Et dans laquelle les représentants les plus connus du hip hop ont marché les yeux fermés. Vous n'êtes finalement que des catins, messieurs Soprano, Mokobé, Sexion d'Assaut, etc... des putes prêtes à sucer pour des euros et du temps de radio. Bravo.

 

Paradoxalement, si cette année est un très bon cru pour le hip hop, celui-ci n'aura que très rarement paru aussi ridicule (Bellanger, Mister You, etc...) et controversé. A tel point qu'on a l'impression que le mouvement est condamné à marcher sur la ligne blanche qui sépare le génie du grotesque, et ce jusqu'à la fin de ses jours.

Posté par Remi N à 20:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

23 janvier 2012

De l'hostilité universitaire

 

Vous aussi, vous trouvez que ça fait très branlette, comme titre ? Alors je le laisse.

 

Un titre bien grandiose pour un sujet et un article qui ne le seront pas forcément. Ce sera d'ailleurs un témoignage, et non pas une interview ou autre enquête en immersion. Et pas n'importe lequel puisque ce sera le mien. Et que par conséquent vous aurez mon point de vue (le meilleur, comme d'habitude) et aucun autre, vous n'aurez aucune possibilité de prendre du recul, vous n'aurez pas d'approfondissements. Que dalle. Ça va me permettre de jouer à mon jeu préféré : donner mon avis, en toute mauvaise foi.

 

Essayons toutefois de ne pas trop pécher sur ce versant, l'article se veut constructif. Mais puisqu'il s'agit de bien faire les choses, je vais être forcé, pour vous parler de mon expérience à l'université, de vous parler un peu de moi, veinards que vous êtes. Cette année, j'ai échoué dans cet immense club échangiste, cette réunion géante des alcooliques non-anonymes, cette antre de la débauche et de la marijuana que l'on nomme Université (de Bourgogne, on peut pas être parfait). Ce n'était pas le cas l'année dernière.

 

J'ai fort heureusement eu la chance (c'est discutable, mais c'est pour introduire un effet de contraste avec la suite de l'article, si si, vous verrez c’est super bien fait) d'intégrer, à la suite d'une année de Terminale durant laquelle je n'ai rien branlé sauf les 15 derniers jours, une classe préparatoire Hypokhâgne filière B/L (prononcer « béhèle ») dans cette splendide ville au climat si clément (rendez-vous compte, il fait moche 270 jours par an, et il fait 50°C 60 jours par an, ce qui nous laisse à peu près 35 jours de températures humainement supportables à l'année. Des stats à la Brestoise) qu'est Dijon.

 

Fasciné aussi bien par la qualité du mobilier du Lycée Carnot que par l'agréable singularité des personnes qu'on y trouve, j'ai passé une année semi-sabbatique puisque c'est paradoxalement l'année durant laquelle j'aurais le plus trimé de mon existence, et aussi celle où je me serais le plus foiré. Remercié à cause de mon désintérêt évident pour certaines matières (oui, il y a des maths en Hypokhâgne béhèle), ma non-motivation à passer les concours de l'ENS à la fin d'une éventuelle deuxième année et le fait que je passais certaines de mes heures de cours, jugées unanimement inintéressantes par l'ensemble de la classe, à faire autre chose, j'ai par la suite quitté ce monde merveilleux pour partir en fac. Je ne blâme d'ailleurs aucunement le staff pédagogique du Lycée qui a fait un choix totalement justifiable, et justifié d'ailleurs.

 

Bref, je m'écrase comme une merde à la fac de Dijon. Ayant eu l'intelligence de choisir les Sciences Humaines plutôt qu'une totalement inutile filière littéraire ou linguistique, j'atterris en deuxième année de licence d'Histoire (merci au système d'équivalence, car oui, j'ai tout de même « brillamment » obtenu mes équivalences). Et c'est là que commence la « mission » survie.

 

Accepté plus ou moins par courrier, plus ou moins par téléphone, j'ai d'ailleurs trouvé la voix de la bonne femme secrétaire de mon département particulièrement chaleureuse et concernée. Embarqué dans tout un processus d'inscription aussi chiant que long (parce que oui, faut pas seulement être accepté, faut s'inscrire) je commence enfin l'année le 12 septembre. Soit à peine une semaine après la date de0 rentrée scolaire « classique », ce qui au passage fera fermer leur gueule à ceux qui prétendant qu'on commence la fac en novembre pour finir en avril. Dès la rentrée, je sens que ça va pas être super pratique pour se faire des potes. Ce qui n'est d'ailleurs que d'une utilité secondaire pour les études, mais bon, sauf si on paye, rencontrer des gens est le seul moyen possible de trouver à baiser (ce qui constitue l'objectif ultime de tout étudiant, quelle que soit la filière). En effet, le désavantage quant tu arrives en deuxième année, c'est que les « groupes » de proches, de potes, sont déjà constitués pour la plupart. La mission survie se transforme donc en mission infiltration, puisqu'il s'agit d'intégrer un groupe plus ou moins cool, pour pouvoir parler à des gens, faire des soirées, tisser des liens, et surtout récupérer des cours. J'ai d'abord choisi une voix parallèle, qui suit la précédente sans jamais la perdre, mais sans s'en rapprocher. J'ai eu la chance de tomber sur LA personne qui avait eu le même destin que moi (sauf que lui était en Hypokhâgne A/L, prononcer ahèle), et même si je ne lui avais jamais adressé la parole auparavant, entre singes du même zoo, on se reconnaît (c'est une expression traditionnelle du centre du Morvan, où ils s'y connaissent en zoo). C'était donc mon premier ami. Par chance il est pas trop chiant, et même plutôt sympathique. Mais c’est ici qu'interviennent le choix des mineures, les groupes de TD et de langues vivantes, et la répartition des exposés, qui va avec. Comme ce dernier avait choisi la mineure Théâtre, et que celle-ci se situait systématiquement sur les heures de cours que l'on avait ensemble, je le voyais pas beaucoup. Et puis comme du coup il n'était pas en cours, c'est pas pratique si on veut récupérer les-dits cours.

 

Vient alors le deuxième ami. Lui, c'est le choix du sang, puisqu'il est Corse, comme moi (et donc on a forcément du sang en commun, vous savez comment ça se passe dans les petites régions insulaires). Par chance, en plus d'être Corse, il était sympathique (et assidu), ce qui n'est pas forcément le cas de tous (je vous laisse deviner que sont les « tous »). Deux amis en deux semaines. C'est là que la comparaison avec la prépa s'impose, puisqu'en deux semaines j'avais là-bas déjà presque assemblé les différentes parties du noyau dur de mes relations amicales (et n'oublions pas que les partis se tiennent par leur noyau dur, ce qui n'a aucun intérêt sauf celui de se moquer de François Bayrou, et c'est déjà ça). D'un milieu où nous étions toujours rassemblés pour le sport, le manger, le travail (de temps en temps), et surtout les sorties, je passe, seul, à un milieu où les gens se connaissent entre eux, où chacun travaille par petit groupe ou chez soi, où personne ne parle à personne avant d'entrer / après être sorti d'un cours. Eh ben je peux vous dire qu'on se fait rapidement chier. Je prends donc le taureau par les cornes, et décidé plus ou moins de tenter l'incruste forcée, procédé qui a d'ailleurs fait ses preuves au parti socialiste où n'importe quel arriviste peut ramener son grain de sel sur un débat duquel il était totalement absent jusque là, pendant les primaires. Et ça a marché, une fois de plus. On rencontre alors des gens sympathiques, souriants, ouverts. Mais très indépendants.

 

Là réside la différence fondamentale entre la promo de fac et la classe de prépa. L’ambiance, la pression continue, le fait de se retrouver à 40 enfermés dans une salle qui pue la sueur et les pieds (les concernés se reconnaîtront) pendant 36 heures par semaine, à manger matin, midi et soir avec les mêmes personnes, a contribué à forger une véritable « classe » solidaire, compacte et soudée (quelques marginaux incurables mis à part bien sûr), qui s'oppose à l'individualisme récurrent dans les promos de fac.

 

Et ce d'autant plus quand on est dans une filière déshéritée comme celle d'Histoire à Dijon. Si la filière est noble, il n'en demeure pas moins que nous ne possédons à ce jour aucune « Asso », association étudiante qui se charge de l'animation de la filière, et qui en fédère un peu les étudiants, ce qui a pour conséquences, entre autres, de ne pas avoir eu de soirées d'intégration Histoire, ou de soirée Histoire tout court, ces soirées qui, dans notre monde de jeunesse alcoolisée, sont un des meilleurs moyens de faire des rencontres. Pas de groupe uniforme, donc, mais des petits groupes qui gravitent autour des études, sans jamais se toucher, s'effleurant parfois le temps d'un exposé, puis s'oubliant. Dieu que c'est morne.

 

Voilà pourquoi l'université est un milieu hostile. Parce que le cliché américain des raves parties sur le campus ne possède qu'une très petite part de vérité. Par que personne ne se connaît, donc personne ne se parle (et donc on ne connaît pas plus de monde => cercle vicelard). Parce que les profs ne s'occupent pas, ou très peu de vous (il suffit d'en croiser un dans un couloir et de lui dire bonjour, sans réponse alors que ça fait trois mois que tu assistes à son cours, pour le comprendre), que les profs cool et prophétiques, physionomistes et compétents, c'est une espèce qui n'a jamais compté beaucoup d'éléments.

 

Si on rajoute à ça le fait qu'après avoir enduré l'indifférence générale de l'ensemble des êtres qui peuplent ces campus de merde, on a une bonne chance de finir au chômage (mais en possession de son Master) à la fin d'un cursus universitaire en sciences humaines, alors qu'une réussite brillante en prépa vous promet un avenir radieux au sein des plus grandes écoles du pays, on se dit qu'on a vraiment enduré tout ça pour pas grand chose.

 

Donc si vous avez la chance de rentrer dans ces clubs ultra-élitistes, ces usines à parfaits, ces institutions qui reflètent à elles seules toute l'injustice du système scolaire français, n'hésitez pas. C'est bien plus sympa que la fac.

Posté par Remi N à 09:52 - Commentaires [5] - Permalien [#]

18 janvier 2012

Plus attendu que les soldes: le mercato!

 

Parmi les artistes peintres qui écrivent dans la presse sportive ou les clowns tristes qui peuplent RMC et RTL, je ne seraicertainement pas le premier à m'intéresser à cette fabuleuse période qu'est celle du mercato hivernal. Si toutefois c’est le cas, ça me donnera une raison supplémentaire de dénigrer ces journalistes, consultants et autres sportifs blessés ou à la retraite dont le passe-temps favori est de nous inonder d’informations parfois semi-erronées, parfois complètement fausses. Si au moins c'était drôle...

 

Bref le sujet a déjà dû être abordé, d'une manière plus ou moins adroite, un bon millier de fois, mais là où ça devient important cette année, c'est parce que nous, français, avons enfin réussi à atteindre le summum de l'hystérie collective (la plus haute débilité, mais c'était pour le dire proprement). Et une fois de plus, c'est grâce à nos meilleurs représentants en matière d'abrutis dans le domaine du football, j'ai nommé le PSG. Bien sûr c'est facile de taper sur le PSG, leurs fausses crises de novembre, leurs supporters sympathiques (quoique un peu chauves et légèrement benêts sur les bords), leurs matchs aussi vides tactiquement que la cervelle de Franck Leboeuf. Ce ne sont clairement pas les seuls à faire mouiller les ménagers (nouvelle catégorie sociale inventée par mes soins, comprenant la ménagère et son beauf de mari) en proposant les plus grandes stars, ou les plus glamours, ou parfois les deux, avec les plus grosses sommes à la clé. Il y a d'ailleurs très peu de temps, cette capacité à monopoliser l'attention sur un transfert mirobolant était en France le monopole de Lyon ou de Marseille. Ce qui fait d'ailleurs mal au derche quand on voit les résultats de la plupart des-dits transferts.

 

Sauf que cette année, PSG a cessé d'être géré par des incompétents (catégorie comprenant grosso merdo des présentateurs de journal sur Canal et des actionnaires de Colony Capital, entreprise au nom un peu suspect d'ailleurs). Cette année, on nous a apporté un Qatari. Ce qui a tout de même une autre gueule que celle de Charles Villeneuve ou de Sébastien Bazin. On parle de pétrole, là, c'est un truc de grand, c'est l'élite. C'est probablement un des fonds d'investissement le plus puissant au monde. Cette année, la capitale a un club riche, le plus riche de France (c’est Aulas qui doit s'en bouffer les cernes). L'argent, il ne nous manquait plus que ça pour nous lancer dans la surenchère la plus abrutissante, celle-là même dont on se moquait quand elle sévissait en Espagne ou en Angleterre. On va enfin pouvoir rigoler un peu.

 

 bhl

Vous ferez attention, un concept de philosophie économique s'est subtilement glissé dans cet article.



 

 

Pour donner au club un rayonnement international, on va voir arriver les rumeurs les plus folles. D'abord le beau Beckham. Comme si il y avait pas déjà assez de femmes dans les stades de foot, on veut en rajouter une couche en faisant venir l'homme aux abdos les plus chers du monde. Décision qui se justifie amplement par le nombre de T-shirts qui auraient été achetés à la suite du transfert, ou tout simplement par la célébrité nouvelle qu'aurait acquis le club. Manque de pot (et d'envie de la part du vieux footballeur en question, qui préférera sans nulle doute se la couler douce en tant qu’ambassadeur du football à Los Angeles que de venir sentir la pluie à Paris) ce dernier ne vient pas. Qu'à ce la ne tienne, on annonce Tévez, qui n'a pas plus que ça l'air d'être attiré par les millions de Nasser Al-Khelaifi. Pour Pato, ce sera, encore, un fiasco. D'une part cela me permet de souligner l'incompétence de certains « journalistes » sportifs de l’Équipe notamment, qui annonçaient l'arrivée imminente d'au moins deux de ces trois joueurs suite à la signature d'un contrat qui n'aura finalement jamais existé. Ce ne sont d'ailleurs pas les seuls fautifs, tant la campagne de désinformation du PSG a été efficace. J'ai moi-même été apostrophé par mon facteur qui me soutenait, en m'apportant mon Playboy, que Beckham n'allait pas tarder à arriver parce que « c'était signé ». Mais c'est tout de même un petit peu le job des mecs de l’Équipe que de se soucier de la qualité de leur source. On retrouve là l’Équipe people, l’Équipe du grand spectacle, le même type de torche-cul qu'on avait eu pendant la Coupe du Monde 2010 avec sa une tape à l’œil. Ce journal qui ne méritait alors plus aucun intérêt.

 

D'autre part, cela va m’amener à élever une conversation que j'avais eue dans un bar entre 1 et 2 heures du matin, avec un mec complètement bourré, devant une chaîne de sport. « En fait les Qataris, ils jouent à Fifa mais dans la vraie vie ». C'est là qu'on se rend compte que les philosophes ne sont pas forcément là où on le croit. C'est vrai que ce mercato ressemble à s'y méprendre à un moment d'une carrière de Fifa où tu as la capacité de faire venir à coup de salaires mirobolants et d'indemnités de transferts intergalactiques, gommant ainsi la variante humaine (le ressenti, le sentiment, l'attachement à un club ou même, soyons fous, à un projet sportif) de cette opération commerciale. Ainsi, il suffit d'avoir l'argent pour pouvoir voir débarquer, en 2012, Samuel Eto'o à Brest. En regardant de plus près Nasser Al-Khelaifi et Leonardo (qui écope du titre pompeux de directeur sportif), on s'aperçoit très vite que ces comportements relèvent du « capitalisme pulsionnel » (je ressent le sentiment d'avoir une envie folle de David Beckham, ce qui n'est d'ailleurs pas très catholique, donc j'achète) théorisé par Bernard Stiegler. Son nom, on s’en tape. Mais le fait que le PSG demande en trépignant des cadeaux de Noël inaccessibles, ça c’est intéressant. Les deux compères viennent de se rendre compte qu'il ne suffit pas d'avoir de l'argent pour attirer des grands joueurs dans un club merdique (car oui, le PSG est un club merdique qui cumule tous les clichés attribués au milieu du football, avec des sportifs capricieux, des entraîneurs qui se la jouent paternalistes, des supporters avec un QI d'huître morte, une surmédiatisation constante, et des salaires excessifs pour des joueurs médiocres). Le footballeur, aussi assoiffé de richesse soit-il, veut parfois simplement jouer au football et gagner des titres (des titres importants, pas de ceux qu'on remporte avec un club qui s’est fait éliminé au premier tour de la C3 comme c'est le cas du PSG), ce qui paraît être une grande découverte pour nos deux associés qui pensaient que tous les footballeurs étaient de la trempe de Eto'o, Anelka, etc...

 

Cependant, je ne me fais pas de bile. Nombreuses sont les stars en baisse de régime, ou proches de la retraite, nombreux sont les remplaçants frustrés qui vont s'empresser de signer le chèque de leur vie pour aller jouer dans un club au rabais, dont le seul élément positif est le stade (qui est certainement un des mieux conçus de France au niveau de la sonorité). Qui d'autre ? A part quelques jeunes ambitieux, qui vont être vendus ou mis au placard dès qu'une star jouant au même poste qu'eux va débarquer, je ne vois pas qui pourrait décemment décider de jouer dans ce club de ploucs.

 

Une équipe ne se constitue pas en 3 mois, môssieur le Qatari, et du haut de ton tas de dollars tu semble avoir oublié qu'un projet sportif, c'est d'abord sportif avant d'être financier.

 

Pour ceux qui pensent que je pratique le sport préféré des Français, à savoir tirer à boulets rouges sur le premier de la classe... Je vous emmerde. J'ai très bon espoir qu'un jour le PSG devienne une équipe solide, grande et puissante (vous aussi ça vous excite?), qui puisse rivaliser avec les grands clubs européens au niveau sportif. Mais pour l'instant je ne vois qu'une équipe de ratés à 110 millions d'euros, avec une qualité de jeu qui n'équivaut même pas à la moitié de celle de la grande époque du club (en 1996), avec des avants qui ne se trouvent pas, des handicapés moteurs en guise de défenseurs (on a le droit de se moquer, depuis Intouchables). Seul le goal, décidément excellent, mérite une attention particulière.

 

Alors au lieu de véhiculer de fausses rumeurs sur la venue hypothétique de joueurs (dont celle de Beckham, joueur âgé et médiocre je le rappelle), contentez-vous de ce que vous avez là, votre équipe qui vaut presque autant financièrement que toutes les autres réunies, sortez nous du beau jeu, gagnez ce foutu championnat et brillez, nom de Dieu. Vous allez quand même pas laisser le titre à Louis Nicollin, non ? Quoique...

 

 louis-nicollin

Loulou, qui rigole bien : Allo Gérard? Beckham au PSG? Quelle bande de petites tarlouzes!



 

Mais bon, je vais pas m'acharner plus que ça sur ce qui représente probablement le futur grand club français. Faut savoir également que c'est pendant ce mercato qu'ont lieu les expériences les plus rocambolesques et les choix tactiques les plus discutables des entraîneurs de football. On a par exemple Arsène Wenger qui désirerait acheter l'intelligentissime Taye Taiwo. On compred alors mieux pourquoi les Gunners sont une équipe qui sont plus ou moins en perdition, qui chie sang et tripes pour accrocher sa place en Ligue des Champions. Un des constats qui est fait depuis 4 ou 5 ans est que l'équipe manque de maturité, qu'elle n'est peuplée que de jeunes (ce qui vaudra à Arsène la fripouille la réputation d'avoir des pratiques sexuelles plus ou moins condamnables, mais bon, que celui qui n'a jamais touché un môme de 17 ans à 65 lui jette la première pierre). Et voilà qu'on annonce son désir de recruter un des plus grands abrutis jamais vu dans la défense marseillaise, qui a pourtant toujours été remplie de ce genre de phénomènes de foire. Avec un sens du placement proche du zéro absolu, une intelligence tactique équivalente à celle d'un Pepe sous acides, ce joueur est notamment connu pour son amour de la chanson populaire (si si, souvenez-vous : « Les Marseillais, montent à Paris, pour enculer, le PSG ! » lors d'une finale de Coupe de la Ligue contre Montpellier, alors qu'il n'y avait donc aucun joueur du PSG présent sur la pelouse). C'est là l'exemple qui manquait aux jeunes d'Arsenal. D'autant plus que le bourrin en question risque de nous quitter en pleine saison pour cette compétition sans intérêt qu'est la CAN. Arsène Wenger n'est pas un cas isolé, bien que ce soit le seul cas qui occupe ce poste d'entraîneur dans un si grand club.

 

C'est donc bien là l'utilité première de ce mercato. Faire vendre l’Équipe, et nous faire rire. Ou pleurer, s'il vous restait encore un doute sur la qualité du football moderne. 

17 janvier 2012

"On remet ça?" N.Anelka, pub Danette, 2000

Et oui les cocos, deux mois après le Beaujolais nouveau qui chaque année nous inonde de la piquette la plus infâme, voici le blog nouveau, qui possède exactement la même fonction (les effets secondaires tels que la gueule de bois et autres migraines du lendemain en moins). C'est donc avec une émotion toute particulière que je présente à vous, chers lecteurs (qui sont au nombre de un, pour l'instant), cette nouvelle plateforme qui a pour unique but de vous divertir en vous instruisant (qu'il est moche, ce mot!).
Le dernier date d'une période révolue où je ne connaissais pas encore Alain Soral, Dieudonné, Bernard-Henry Lévy, Eric Zemmour et Mario Balotelli, qui sont autant de personnalités remarquables qui m'ont donné envie de me remettre au travail (ça et le fait que j'ai du mal à combler les trous entre mes heures de cours en fac). De plus, cette antiquité était trop hétérogène, peu de pépites entourées d'articles de merde. C'est donc dans un soucis d'homogénéité que je ne vous présenterais que des articles tous plus merdiques les uns que les autres.

Ne vous attendez donc pas à du raffiné, à de l'élogieux, à du mièvre. Ne vous attendez pas non plus à des articles de gauchiste enragé, ni à des discours réactionnaires, vous entrez ici dans un endroit où la mauvaise foi, le manque d'objectivité et l'insulte facile (mais tellement délicieuse) sont lignes de conduite. Vous ne serez pas caressés dans le sens du poil, encore moins confortés dans vos préjugés. Que ce soit bien clair, si l'objectif de ce blog est avant tout de faire rire (et un peu d'informer, puis vraiment tout à la fin, de faire réfléchir parce que sinon personne va lire mes articles), il vous fera rire jaune, jaune bile (jaune nouvel an quoi).
Je tiens d'ailleurs à m'excuser auprès de toutes les associations bien pensantes, que je respecte profondément, des propos volontairement diffamatoires, machistes, racistes, de tous propos à caractère discriminatoire et en particulier des propos antisémites et homophobes qui sont deux disciplines que je pratique en club le dimanche de 11 à 15 heures. Euh, de 12 à 15 heures veuillez me pardonner (y a Téléfoot à 11h, tout de même). Ces propos n'ont aucun but discriminatoire, et en aucun cas je ne voudrais offenser les personnes appartenant à telle ou telle catégorie. D'ailleurs, pour vous prouver ma bonne foi, chacun des groupes qui composent notre belle société va être traité de façon équitable et en prendre plein la gueule. Oui ça s'adresse aussi à toi, sale jeune, ne croit pas que je vais t'épargner à cause du fait que j'en suis un moi-même.
Vous l'aurez compris, j'ai pour règle de n'en avoir aucune, et c'est d'ailleurs avec plaisir que je bafouerai de temps en temps la grammaire et la syntaxe, devant vos yeux ébahis (et en pleurs), ce qui ne manquera pas, j'en suis sûr, de vous faire réagir via les commentaires. Je vous prierai d'ailleurs de me signaler ces éventuelles erreurs, que je ne corrigerai d'ailleurs pas forcément.

Au passage, j'arrête tout de suite ici ceux qui pensent que les articles resteront en grande partie superficiels et seront sans fond, mal documentés, inexacts. N'ayant pas l'habitude de faire les choses à moitié sauf en ce qui concerne la vaisselle et le ménage, j'essaierai dans la mesure du possible de ne pas raconter de bêtises, et de vous donner matière à penser. Ce qui me fait d'ailleurs moi-même penser à vous interdire de lire ces articles pendant les deux heures qui suivront l'allumage de votre télévision pendant le journal de Jean Pierre Pernaut, de Laurence Ferrari, les Experts Miami ou un Dîner presque Parfait, etc... Deux heures étant le temps nécessaire pour digérer le flot de monstruosités qui aura été déposé délicatement dans votre gosier par nos animateurs télé préférés, et dont je ne voudrais pas qu'il vienne entacher les pages commentaires de mes articles.
Pour ce qui est de sujets qui seront traités ici, ce sera principalement de l'actualité politique ou autre, un peu de ma vie très certainement, du foot et de la musique rap. Et ceux qui ne sont pas contents peuvent d'ailleurs aller voir chez les grecs si l'économie se porte bien, j'ai la chance de me suffire entièrement à moi-même et donc de ne pas courir après les lecteurs. Ce blog sera donc rédigé comme on passe un bac de sport : personne n'en a rien à foutre, mais on fait ça « pour le sport ». Et il faut que je muscle ma plume, qui a repris du poids en cette fin d'année mouvementée, parsemée de beuveries, de pizzas et de partouzes échangistes.

Je vous souhaite donc une drôle et désagréable lecture, puisque vous allez avoir le plaisir de lire des articles sur un blog, ce qui signifie nécessairement une interface moche, une couleur de fond horrible et des bandes blanches dégueulasses remplies de liens parfois inutiles, de pubs ou d'infos inintéressantes. J'espère que vous êtes prêts.


Posté par Remi N à 21:30 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,