18 janvier 2012

Plus attendu que les soldes: le mercato!

 

Parmi les artistes peintres qui écrivent dans la presse sportive ou les clowns tristes qui peuplent RMC et RTL, je ne seraicertainement pas le premier à m'intéresser à cette fabuleuse période qu'est celle du mercato hivernal. Si toutefois c’est le cas, ça me donnera une raison supplémentaire de dénigrer ces journalistes, consultants et autres sportifs blessés ou à la retraite dont le passe-temps favori est de nous inonder d’informations parfois semi-erronées, parfois complètement fausses. Si au moins c'était drôle...

 

Bref le sujet a déjà dû être abordé, d'une manière plus ou moins adroite, un bon millier de fois, mais là où ça devient important cette année, c'est parce que nous, français, avons enfin réussi à atteindre le summum de l'hystérie collective (la plus haute débilité, mais c'était pour le dire proprement). Et une fois de plus, c'est grâce à nos meilleurs représentants en matière d'abrutis dans le domaine du football, j'ai nommé le PSG. Bien sûr c'est facile de taper sur le PSG, leurs fausses crises de novembre, leurs supporters sympathiques (quoique un peu chauves et légèrement benêts sur les bords), leurs matchs aussi vides tactiquement que la cervelle de Franck Leboeuf. Ce ne sont clairement pas les seuls à faire mouiller les ménagers (nouvelle catégorie sociale inventée par mes soins, comprenant la ménagère et son beauf de mari) en proposant les plus grandes stars, ou les plus glamours, ou parfois les deux, avec les plus grosses sommes à la clé. Il y a d'ailleurs très peu de temps, cette capacité à monopoliser l'attention sur un transfert mirobolant était en France le monopole de Lyon ou de Marseille. Ce qui fait d'ailleurs mal au derche quand on voit les résultats de la plupart des-dits transferts.

 

Sauf que cette année, PSG a cessé d'être géré par des incompétents (catégorie comprenant grosso merdo des présentateurs de journal sur Canal et des actionnaires de Colony Capital, entreprise au nom un peu suspect d'ailleurs). Cette année, on nous a apporté un Qatari. Ce qui a tout de même une autre gueule que celle de Charles Villeneuve ou de Sébastien Bazin. On parle de pétrole, là, c'est un truc de grand, c'est l'élite. C'est probablement un des fonds d'investissement le plus puissant au monde. Cette année, la capitale a un club riche, le plus riche de France (c’est Aulas qui doit s'en bouffer les cernes). L'argent, il ne nous manquait plus que ça pour nous lancer dans la surenchère la plus abrutissante, celle-là même dont on se moquait quand elle sévissait en Espagne ou en Angleterre. On va enfin pouvoir rigoler un peu.

 

 bhl

Vous ferez attention, un concept de philosophie économique s'est subtilement glissé dans cet article.



 

 

Pour donner au club un rayonnement international, on va voir arriver les rumeurs les plus folles. D'abord le beau Beckham. Comme si il y avait pas déjà assez de femmes dans les stades de foot, on veut en rajouter une couche en faisant venir l'homme aux abdos les plus chers du monde. Décision qui se justifie amplement par le nombre de T-shirts qui auraient été achetés à la suite du transfert, ou tout simplement par la célébrité nouvelle qu'aurait acquis le club. Manque de pot (et d'envie de la part du vieux footballeur en question, qui préférera sans nulle doute se la couler douce en tant qu’ambassadeur du football à Los Angeles que de venir sentir la pluie à Paris) ce dernier ne vient pas. Qu'à ce la ne tienne, on annonce Tévez, qui n'a pas plus que ça l'air d'être attiré par les millions de Nasser Al-Khelaifi. Pour Pato, ce sera, encore, un fiasco. D'une part cela me permet de souligner l'incompétence de certains « journalistes » sportifs de l’Équipe notamment, qui annonçaient l'arrivée imminente d'au moins deux de ces trois joueurs suite à la signature d'un contrat qui n'aura finalement jamais existé. Ce ne sont d'ailleurs pas les seuls fautifs, tant la campagne de désinformation du PSG a été efficace. J'ai moi-même été apostrophé par mon facteur qui me soutenait, en m'apportant mon Playboy, que Beckham n'allait pas tarder à arriver parce que « c'était signé ». Mais c'est tout de même un petit peu le job des mecs de l’Équipe que de se soucier de la qualité de leur source. On retrouve là l’Équipe people, l’Équipe du grand spectacle, le même type de torche-cul qu'on avait eu pendant la Coupe du Monde 2010 avec sa une tape à l’œil. Ce journal qui ne méritait alors plus aucun intérêt.

 

D'autre part, cela va m’amener à élever une conversation que j'avais eue dans un bar entre 1 et 2 heures du matin, avec un mec complètement bourré, devant une chaîne de sport. « En fait les Qataris, ils jouent à Fifa mais dans la vraie vie ». C'est là qu'on se rend compte que les philosophes ne sont pas forcément là où on le croit. C'est vrai que ce mercato ressemble à s'y méprendre à un moment d'une carrière de Fifa où tu as la capacité de faire venir à coup de salaires mirobolants et d'indemnités de transferts intergalactiques, gommant ainsi la variante humaine (le ressenti, le sentiment, l'attachement à un club ou même, soyons fous, à un projet sportif) de cette opération commerciale. Ainsi, il suffit d'avoir l'argent pour pouvoir voir débarquer, en 2012, Samuel Eto'o à Brest. En regardant de plus près Nasser Al-Khelaifi et Leonardo (qui écope du titre pompeux de directeur sportif), on s'aperçoit très vite que ces comportements relèvent du « capitalisme pulsionnel » (je ressent le sentiment d'avoir une envie folle de David Beckham, ce qui n'est d'ailleurs pas très catholique, donc j'achète) théorisé par Bernard Stiegler. Son nom, on s’en tape. Mais le fait que le PSG demande en trépignant des cadeaux de Noël inaccessibles, ça c’est intéressant. Les deux compères viennent de se rendre compte qu'il ne suffit pas d'avoir de l'argent pour attirer des grands joueurs dans un club merdique (car oui, le PSG est un club merdique qui cumule tous les clichés attribués au milieu du football, avec des sportifs capricieux, des entraîneurs qui se la jouent paternalistes, des supporters avec un QI d'huître morte, une surmédiatisation constante, et des salaires excessifs pour des joueurs médiocres). Le footballeur, aussi assoiffé de richesse soit-il, veut parfois simplement jouer au football et gagner des titres (des titres importants, pas de ceux qu'on remporte avec un club qui s’est fait éliminé au premier tour de la C3 comme c'est le cas du PSG), ce qui paraît être une grande découverte pour nos deux associés qui pensaient que tous les footballeurs étaient de la trempe de Eto'o, Anelka, etc...

 

Cependant, je ne me fais pas de bile. Nombreuses sont les stars en baisse de régime, ou proches de la retraite, nombreux sont les remplaçants frustrés qui vont s'empresser de signer le chèque de leur vie pour aller jouer dans un club au rabais, dont le seul élément positif est le stade (qui est certainement un des mieux conçus de France au niveau de la sonorité). Qui d'autre ? A part quelques jeunes ambitieux, qui vont être vendus ou mis au placard dès qu'une star jouant au même poste qu'eux va débarquer, je ne vois pas qui pourrait décemment décider de jouer dans ce club de ploucs.

 

Une équipe ne se constitue pas en 3 mois, môssieur le Qatari, et du haut de ton tas de dollars tu semble avoir oublié qu'un projet sportif, c'est d'abord sportif avant d'être financier.

 

Pour ceux qui pensent que je pratique le sport préféré des Français, à savoir tirer à boulets rouges sur le premier de la classe... Je vous emmerde. J'ai très bon espoir qu'un jour le PSG devienne une équipe solide, grande et puissante (vous aussi ça vous excite?), qui puisse rivaliser avec les grands clubs européens au niveau sportif. Mais pour l'instant je ne vois qu'une équipe de ratés à 110 millions d'euros, avec une qualité de jeu qui n'équivaut même pas à la moitié de celle de la grande époque du club (en 1996), avec des avants qui ne se trouvent pas, des handicapés moteurs en guise de défenseurs (on a le droit de se moquer, depuis Intouchables). Seul le goal, décidément excellent, mérite une attention particulière.

 

Alors au lieu de véhiculer de fausses rumeurs sur la venue hypothétique de joueurs (dont celle de Beckham, joueur âgé et médiocre je le rappelle), contentez-vous de ce que vous avez là, votre équipe qui vaut presque autant financièrement que toutes les autres réunies, sortez nous du beau jeu, gagnez ce foutu championnat et brillez, nom de Dieu. Vous allez quand même pas laisser le titre à Louis Nicollin, non ? Quoique...

 

 louis-nicollin

Loulou, qui rigole bien : Allo Gérard? Beckham au PSG? Quelle bande de petites tarlouzes!



 

Mais bon, je vais pas m'acharner plus que ça sur ce qui représente probablement le futur grand club français. Faut savoir également que c'est pendant ce mercato qu'ont lieu les expériences les plus rocambolesques et les choix tactiques les plus discutables des entraîneurs de football. On a par exemple Arsène Wenger qui désirerait acheter l'intelligentissime Taye Taiwo. On compred alors mieux pourquoi les Gunners sont une équipe qui sont plus ou moins en perdition, qui chie sang et tripes pour accrocher sa place en Ligue des Champions. Un des constats qui est fait depuis 4 ou 5 ans est que l'équipe manque de maturité, qu'elle n'est peuplée que de jeunes (ce qui vaudra à Arsène la fripouille la réputation d'avoir des pratiques sexuelles plus ou moins condamnables, mais bon, que celui qui n'a jamais touché un môme de 17 ans à 65 lui jette la première pierre). Et voilà qu'on annonce son désir de recruter un des plus grands abrutis jamais vu dans la défense marseillaise, qui a pourtant toujours été remplie de ce genre de phénomènes de foire. Avec un sens du placement proche du zéro absolu, une intelligence tactique équivalente à celle d'un Pepe sous acides, ce joueur est notamment connu pour son amour de la chanson populaire (si si, souvenez-vous : « Les Marseillais, montent à Paris, pour enculer, le PSG ! » lors d'une finale de Coupe de la Ligue contre Montpellier, alors qu'il n'y avait donc aucun joueur du PSG présent sur la pelouse). C'est là l'exemple qui manquait aux jeunes d'Arsenal. D'autant plus que le bourrin en question risque de nous quitter en pleine saison pour cette compétition sans intérêt qu'est la CAN. Arsène Wenger n'est pas un cas isolé, bien que ce soit le seul cas qui occupe ce poste d'entraîneur dans un si grand club.

 

C'est donc bien là l'utilité première de ce mercato. Faire vendre l’Équipe, et nous faire rire. Ou pleurer, s'il vous restait encore un doute sur la qualité du football moderne. 


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